C’est le séisme de la semaine dans la cité phocéenne. Alors que la star mondiale du rap, désormais appelée « Ye », a annoncé une date exclusive au Stade Vélodrome pour sa tournée mondiale, la mairie de Marseille vient de sortir les barbelés. Le maire divers gauche, Benoît Payan, n’a pas utilisé de pincettes pour faire savoir que l’artiste n’était pas le bienvenu sur ses terres.
Sur le réseau social X, l’édile a frappé fort en publiant un message qui a immédiatement enflammé les réseaux sociaux. Pour lui, la ville ne peut pas servir de tribune à un homme dont les dernières années ont été marquées par des sorties de piste jugées impardonnables.
« Je refuse que Marseille soit une vitrine pour ceux qui promeuvent la haine et le nazisme décomplexé. Kanye West n’est pas le bienvenu au Vélodrome, notre temple du vivre-ensemble. » — Benoît Payan, Maire de Marseille.
Le passif de l’artiste pèse lourd dans la balance. Si Kanye West reste une icône musicale avec 24 Grammy Awards au compteur, ses déclarations ont provoqué un séisme mondial. On fait le point sur les polémiques qui ont conduit à ce rejet massif :
- 2018 : Il déclare sur TMZ que « l’esclavage était un choix ».
- 2022 : Il s’affiche avec un t-shirt « White Lives Matter » lors de la Fashion Week.
- 2023 : Sur le plateau du complotiste Alex Jones, il affirme « aimer Hitler ».
- 2024 : Il sort un single intitulé « Heil Hitler », banni de toutes les plateformes de streaming.
Pourtant, l’artiste tente de faire amende honorable depuis le début de l’année 2026. Dans une lettre publiée par le Wall Street Journal, il a adressé ses excuses à la communauté juive, expliquant avoir « perdu pied avec la réalité » à cause de ses troubles bipolaires. Il assure aujourd’hui aimer le peuple juif et ne plus être dans cette dérive extrémiste.
Du côté de l’agence Mars360, l’organisateur exclusif des spectacles au Vélodrome, on tente de calmer le jeu. Bien que le stade appartienne à la ville, la gestion des événements est privée. L’agence précise avoir pris des précautions maximales pour éviter tout dérapage en direct.
Les garanties avancées par les organisateurs :
- Insertion de clauses juridiques spécifiques dans le contrat.
- Assurance qu’aucun propos illégal ne sera tenu sur scène.
- Respect strict de la loi française sur la provocation à la haine.
Mais au-delà de la politique, c’est aussi un enjeu de mémoire. Fabienne Bendayan, ancienne présidente du Crif Provence, soutient la position du maire. Elle estime que celui qui proclame son admiration pour le nazisme ne peut pas fouler la scène d’une ville dont l’âme est faite de diversité et de fraternité.
Juridiquement, l’interdiction reste complexe. Le Conseil d’État est très strict : un spectacle ne peut être annulé que s’il existe un risque réel de trouble à l’ordre public ou d’infractions pénales imminentes. La bataille entre la liberté artistique et la morale publique ne fait que commencer.
Le concert est pour l’instant maintenu au 11 juin. Les fans, eux, sont partagés entre l’envie de voir une légende vivante et le malaise face aux idées qu’il a défendues. Marseille sera-t-elle finalement la ville qui fera tomber le rideau sur Ye ?








