Le CNC écarte la streameuse Ultia après des propos polémiques

Le couperet est tombé ce jeudi 26 mars 2026. Le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) a annoncé mettre fin, avec « effet immédiat », aux fonctions de la streameuse Ultia. En cause ? Des déclarations sans filtre tenues en plein live Twitch la veille, qui ont mis le feu aux poudres sur les réseaux sociaux.
cnc ultia

Le stream de la discorde : entre « sauçage » et veto politique

Tout commence mercredi, lorsqu’Ultia annonce fièrement à sa communauté son intégration au jury de « CNC Talent ». Ce fonds d’aide, crucial pour l’écosystème web, distribue chaque année des centaines de milliers d’euros d’argent public pour soutenir les créateurs sur YouTube ou Twitch. Mais c’est sa vision du rôle de jurée qui a choqué :

« Si demain, Rivenzi poste un projet, c’est évident que je vais être en mode : « Ben ouais mec, prends ta thune du CNC et fais ton projet ! ». Je te soutiens ! »

Au-delà du coup de pouce aux copains, la créatrice de contenu a également affirmé qu’elle bloquerait d’office certains dossiers selon l’orientation politique ou la réputation des porteurs de projets :

  • Refus catégorique pour les projets d’extrême droite.
  • Mise à l’écart des créateurs impliqués dans des « trucs chelous » ou des scandales.
  • Aveu que les petits créateurs ont peu de chances car le CNC privilégierait « ce qui fonctionne déjà ».

La réaction éclair du CNC : neutralité avant tout

L’institution, qui gère des fonds issus de taxes prélevées sur vos abonnements TV et vos places de ciné, n’a pas traîné pour réagir. Dans un communiqué publié sur X, le CNC rappelle que chaque membre de commission est soumis à une obligation stricte de neutralité, d’indépendance et d’impartialité.

Pour le CNC, les propos d’Ultia « contreviennent manifestement » à ces principes. Résultat : la streameuse est écartée avant même d’avoir pu siéger à sa première réunion. Un signal fort envoyé par l’établissement public pour protéger la crédibilité de son système d’attribution d’aides.

« Le CNC a mis fin aux fonctions d’Ultia au sein de cette commission avec effet immédiat. »

Ultia se dit « sous le choc » et plaide la maladresse

De son côté, Carla Giardina (son vrai nom) a tenté de désamorcer la bombe lors d’un nouveau stream jeudi soir. Elle s’est dite « choquée » par la brutalité de la décision, affirmant n’avoir jamais été briefée sur un quelconque « devoir de réserve ». Pour elle, il s’agissait d’une discussion honnête sur la subjectivité inhérente à tout jury.

Elle a notamment apporté plusieurs précisions pour sa défense :

  • Elle aurait déclaré ses liens d’amitié si elle avait dû noter un proche
  • Elle n’a aucun « passe-droit » pour valider seule un projet, les décisions étant collégiales
  • Sa démarche visait la transparence avec son audience plutôt qu’un réel plan de favoritisme

Un système de subventions sous haute surveillance

Cette polémique relance le débat sur l’attribution des aides publiques aux influenceurs. Si certains membres de la commission, comme la streameuse Modiie (chroniqueuse chez Blast), rappellent que le règlement doit être suivi, elles s’inquiètent aussi de la pression des réseaux sociaux sur les décisions de l’institution.

Il faut dire que les montants en jeu sont colossaux. Entre 2019 et 2025, des figures majeures du web ont bénéficié de ces fonds :

  • Jean Massiet (Backseat) : 160 000 €
  • StreetPress : 156 000 €
  • ZawaProd (Dany et Raz) : 106 000 €
  • Blast : 80 000 €

Pour le CNC, l’enjeu est désormais de restaurer la confiance des créateurs indépendants qui, sans réseau, craignent que les dés ne soient pipés d’avance. L’institution devra sans doute revoir ses critères de recrutement de personnalités issues du web, dont la culture du « live » sans filtre se cogne ici brutalement à la rigueur de l’administration publique.

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