Le faux prêtre qui a piégé M6 affirme être Xavier Dupont de Ligonnès !

Le direct a ses règles, mais mardi soir, l’émission Appel à témoins sur M6 a basculé en plein surréalisme en tentant de relancer la plus grande énigme criminelle de France.
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Le coup de théâtre qui a figé le plateau

Imaginez la scène. Il est 23 heures passées sur le plateau de Julien Courbet. L’émission spéciale célèbre ses temps forts et s’attaque au monument des faits divers français : l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès. C’est le moment précis où un certain « père Marc », soi-disant prêtre dans l’Aude, appelle la régie.

Au bout du fil, l’homme lâche une bombe en direct. Il affirme avoir confessé « XDDL » en 2022 dans un monastère à Plavilla. Selon ses dires, le fugitif le plus recherché de France était en pleurs, a passé quatre jours chez eux, et lui a explicitement confessé le quintuple meurtre de sa famille à Nantes.

« Vous êtes sûr à 100 % qu’il s’agissait de lui ? », l’interroge Julien Courbet à l’antenne. « Oui, bien sûr, avec la confession », réplique le prétendu religieux avec un aplomb total.

La surenchère folle en coulisses

Si la séquence a immédiatement fait lever les sourcils des spécialistes, le délire ne s’est pas arrêté à la fin du direct. Les équipes de production, intriguées, ont continué à cuisiner le témoin durant la nuit. C’est là que l’histoire vire au scénario de film.

Selon les informations révélées par Le Figaro, le mythomane a fini par craquer sous la pression du rédacteur en chef de l’émission, Stan Vignon. Mais au lieu de simplement s’excuser, l’homme a tenté la surenchère ultime : il a affirmé aux équipes de M6 qu’il était lui-même Xavier Dupont de Ligonnès et qu’il souhaitait se rendre aux autorités ! Une nouvelle version tellement absurde qu’elle n’a, cette fois-ci, pas du tout été prise au sérieux.

L’Église catholique en colère et l’Arcom saisie

Dès le lendemain matin, la supercherie s’est totalement effondrée. La hiérarchie catholique et les responsables locaux ont immédiatement dégonflé ce prétendu scoop historique. Les démentis se sont accumulés en quelques heures :

  • Le monastère de Plavilla : La direction a rapidement confirmé à Tribune chrétienne qu’aucun « père Marc » n’avait jamais fait partie de leur communauté.
  • L’évêque de Carcassonne : Mgr Bruno Valentin a poussé un énorme coup de gueule sur les réseaux sociaux. Le faux prêtre affirmait avoir son accord pour briser le secret de la confession (ce qui, en droit canonique, provoque l’excommunication immédiate). L’évêque a fermement rappelé que personne ne l’avait contacté.
  • La saisine du régulateur : Furieux du manque de vérifications de la chaîne, Mgr Valentin a officiellement saisi l’Arcom pour dénoncer une séquence gravement mensongère.

« Comment un média sérieux peut-il passer une séquence pareille sans aucune vérification, puisque M6 ne m’a jamais appelé dans cette affaire ? », s’est indigné le prélat au micro de Radio France.

« Ça nous est revenu dans la gueule »

Face à la tempête médiatique et aux menaces de plaintes, le groupe M6 a dû présenter ses excuses « sans réserve » à l’évêque. De son côté, Julien Courbet a joué la carte de la transparence totale le mercredi matin sur les ondes de RTL.

L’animateur star a rappelé que l’émission repose à 100 % sur l’interactivity et les appels en direct du public, ce qui comporte structurellement une immense part de risque face aux profils instables. « On s’est fait rouler dans la farine », a-t-il admis avec franchise.

La machine à fantasmes carbure toujours à plein régime

Ce fiasco télévisuel montre à quel point l’affaire Dupont de Ligonnès, quinze ans après les faits, reste un aimant à fake news, rejoignant la liste des plus gros cold cases français qui continuent de fasciner et de déraper à la télévision.

Ce n’est d’ailleurs pas le premier emballement numérique ou médiatique autour de cette affaire. Ce dossier hors norme attire constamment les initiatives les plus folles, à l’image des dessous de l’enquête lancée par le blogueur Aqababe il y a quelque temps.

Depuis la disparition du père de famille en avril 2011, la justice française a traité plus de 1 850 signalements à travers le monde. Le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, a d’ailleurs précisé que ce témoignage bidon ferait tout de même l’objet de vérifications de routine par les enquêteurs. Comme pour chaque fausse piste.

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