Un crime au cœur d’un divorce explosif
Tout bascule ce matin du 24 août 2021, à Breuil-le-Vert. Alors qu’il jardinait chez lui, Jean-Christophe Piel, kinésithérapeute respecté de 41 ans, est abattu. En pleine procédure de divorce conflictuelle, les soupçons se portent immédiatement sur son ancienne compagne.
L’accusation dresse un portrait accablant : Delphine Pinto aurait orchestré une machination macabre pour mettre la main sur les assurances vie de la victime. Pour mener à bien ce plan, elle aurait recruté un véritable réseau :
- Son amant de l’époque, Byllel H., désigné comme intermédiaire.
- Yassine Z., suspecté d’être le tireur.
- Pierre L., accusé d’avoir fourni l’arme.
- Son propre fils, Laurent Junior, suspecté d’avoir participé à la conspiration.
Une personnalité qui divise
Le procès, prévu pour durer une dizaine de jours, plonge au cœur de la psychologie de Delphine Pinto. Qualifiée par certains proches de « manipulatrice », « mythomane » ou « mégalomane », l’accusée a fait son entrée dans le box avec des béquilles, dégageant une image de fragilité qui contraste avec les faits reprochés.
C’est une affaire qui donne l’impression d’être dans une quatrième dimension, digne d’un film ou d’un livre, avec un mauvais scénario, confie Maître Murielle Bellier, avocate des proches de la victime.
L’audience a déjà connu des moments de tension intense. Notamment lorsque Laurent Junior, son propre fils, n’a pas hésité à la qualifier de « manipulatrice » à la barre, revenant sur les mensonges passés de sa mère, notamment sur une fausse maladie dont il aurait souffert enfant.
« Je veux qu’il crève »
Au-delà du crime, ce sont des années de querelles familiales et d’accusations mutuelles qui éclatent au grand jour. Le couple Pinto-Piel était marqué par une asymétrie totale : elle, décrite comme dominante et sous l’emprise, lui, présenté comme soumis.
La défense, portée par Maître Arnaud Ledru, plaide la non-culpabilité. L’avocat dénonce les failles d’une enquête qu’il juge « focalisée sur un seul scénario » et promet de mettre en lumière des pistes délaissées. La défense tente également de réintroduire des accusations d’agressions sexuelles visant Jean-Christophe Piel, un terrain glissant qui crispe les parties civiles, lassées par ces nouvelles révélations de dernière minute.
Entre larmes, silences et révélations fracassantes, le verdict attendu pour le 12 juin prochain sera crucial. Delphine Pinto encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Pour les proches de Jean-Christophe Piel, ce procès est surtout l’occasion de remettre la lumière sur l’homme qu’ils ont perdu, bien loin de la « pièce maîtresse » d’un fait divers macabre.







