Masque, tuba et bitume : la vidéo virale
Imaginez la scène : vous marchez tranquillement dans les rues du quartier de Laeken, à Bruxelles, et vous tombez sur la vice-présidente du Parlement bruxellois, allongée au sol en maillot de bain, simulant des mouvements de brasse dans trois centimètres d’eau de pluie. C’est le happening totalement givré qu’a partagé Lotte Stoops (du parti écologiste flamand Groen) sur son compte Instagram.
Alors que le thermomètre s’affole et dépasse les 30 degrés à cause d’un dôme de chaleur précoce, la vidéo enchaîne les répliques piquantes à l’écran : « Plus de 30° », « Où peut-on aller nager ? », puis un terrible « Nulle part » en guise de sentence. Une démonstration par l’absurde qui a immédiatement capté l’attention des jeunes internautes.
« Il manque de piscines en plein air à Bruxelles. Je me bats pour cela depuis longtemps. On va vers des étés de plus en plus chauds. Nous n’aurons plus d’étés normaux. On doit s’y préparer », insiste la députée écologiste.
Le coup de gueule contre l’inégalité face à la canicule
Pour les écologistes bruxellois, la situation actuelle est devenue intenable pour les habitants qui subissent de plein fouet les vagues de chaleur urbaines. Aujourd’hui, pour espérer piquer une tête en extérieur, les options sont extrêmement limitées et contraignantes.
Le parti Groen rappelle que les citoyens sont obligés de prendre la voiture ou le train en direction de la Flandre pour trouver des domaines récréatifs ou des bassins ouverts. Une hérésie selon Lotte Stoops, qui pointe du doigt une profonde injustice sociale et économique.
- Un problème de mobilité : Tous les jeunes et les familles bruxelloises ne possèdent pas de voiture pour fuir la chaleur de la ville.
- Un coût financier : Prendre le train et payer des entrées dans des parcs lointains représente un budget impossible pour les ménages les plus modestes.
- Une urgence climatique : L’accès à un point de fraîcheur en pleine canicule ne devrait pas être un luxe, mais un droit de santé publique élémentaire.
Des solutions concrètes jugées « trop lentes »
Ce happening intervient également pour dénoncer le manque d’ambition et la lenteur administrative de la majorité communale en place. Lotte Stoops déplore notamment l’abandon des anciens projets ambitieux, comme la piscine publique qui devait être installée directement dans le canal de Bruxelles au niveau du quai des Péniches.
Quant aux alternatives actuelles portées par des partenariats public-privé, la députée ne mâche pas ses mots en les qualifiant de futurs parcs d’attractions commerciaux inaccessibles au grand public. Elle et son parti militent pour des aménagements urbains durables, gratuits ou à très bas coûts.
Pour adapter l’espace public à l’urgence climatique, l’élue propose une liste d’aménagements simples déjà adoptés par d’autres grandes capitales européennes :
- La création de véritables étangs de natation naturels et écologiques dans les parcs de la ville.
- L’installation d’un grand bassin de baignade sécurisé et encadré dans la zone sud du canal.
- La multiplication des fontaines de jeux ludiques dans les quartiers populaires pour rafraîchir les enfants.
Lotte Stoops cite régulièrement en exemple la ville de Paris, qui a réussi à ouvrir des zones de baignade urbaines gratuites, notamment dans le bassin de la Villette ou le canal de l’Ourcq. « Ils le font à Paris et ailleurs : ce n’est pas impensable. Mais ici, tout est trop lent », regrette-t-elle.
Pour transformer ce buzz virtuel en un véritable mouvement citoyen, le parti écolo a invité les internautes à commenter massivement le mot « ZWEMMEN » (nager, en néerlandais) sous la publication afin de s’organiser pour les prochaines actions politiques sur le terrain. Reste à voir si ce plongeon sur le bitume suffira à faire bouger les lignes au Parlement.
INSOLITE | En Belgique, Lotte Stoops, une députée écologiste nage dans une flaque d'eau pour dénoncer l'absence de piscines en plein air à Bruxelles. pic.twitter.com/pO0avss3ye
— 75 Secondes 🗞️ (@75secondes) June 5, 2026








