C’est un séisme qui secoue le paysage audiovisuel français. Alors que la tempête judiciaire s’intensifie autour de Patrick Bruel, les répercussions sur sa carrière s’accélèrent de manière spectaculaire. Dernier coup de théâtre en date : l’animateur star de France 2, Nagui, a pris la décision radicale de nettoyer intégralement le catalogue musical de son émission culte « N’oubliez pas les paroles ».
« Place des Grands Hommes » et « Casser la voix » passent à la trappe
Pour les candidats du jeu musical, la donne change complètement. Dans cette compétition quotidienne où il faut restituer les textes de la chanson française au mot près pour faire grimper sa cagnotte, les tubes de Patrick Bruel faisaient office de classiques incontournables.
Désormais, des hymnes générationnels comme Casser la voix ou Place des grands hommes sont totalement suspendus. Si des morceaux de l’artiste de 67 ans résonnent encore dans les numéros diffusés ces prochains jours, le producteur précise qu’il s’agit uniquement d’un décalage technique lié aux délais de production.
« Les émissions actuelles ont été enregistrées avant le dépôt des plaintes. Depuis, nous les avons, en effet, suspendues en attendant la décision de justice. J’ai toujours soutenu la défense des enfants et des femmes victimes de violences. »
Par cette mise à l’écart immédiate, Nagui applique un principe de précaution strict sur son plateau, refusant que le service public serve de caisse de résonance à un artiste plongé dans une telle tourmente.
Un boycott généralisé qui paralyse l’industrie musicale
En agissant de la sorte, le présentateur de France 2 s’aligne sur un mouvement de boycott beaucoup plus large qui est en train de paralyser la carrière du chanteur. Sur les ondes, le cordon sanitaire se met en place très rapidement :
- La station Ici (ex-France Bleu) a été la première à couper le sifflet à l’artiste dès le début du mois d’avril.
- Les stations de Lagardère Radio, notamment RFM, ont emboîté le pas suite à une réunion de crise de leur comité de programmation.
- Le réseau RMC a également officialisé le retrait immédiat des titres de ses playlists en attendant que les magistrats examinent le dossier.
L’onde de choc dépasse largement les frontières des studios parisiens. Alors que Patrick Bruel devait lancer une immense tournée nationale pour célébrer les 35 ans de son album mythique Alors regarde, le calendrier s’effondre. Le Canada a déjà annulé l’intégralité de ses concerts prévus au Québec en décembre, tandis que sa présence au Bellarena Indoor Festival en Suisse a été reportée sine die. Sur le plan théâtral, sa dernière représentation de la pièce Deuxième partie au théâtre Édouard VII a même été interrompue par des militantes féministes du collectif Nous Toutes.
« Je me sais mort professionnellement »
Si Patrick Bruel nie en bloc l’intégralité des faits qui lui sont reprochés et reste juridiquement présumé innocent, le climat est devenu intenable. L’artiste est désormais visé par plusieurs plaintes pour viols en France, dont celle déposée par l’animatrice Flavie Flament, parallèlement à une enquête judiciaire ouverte en Belgique pour agression sexuelle. Les détails des accusations sont extrêmement graves, l’artiste se retrouvant notamment au cœur d’une affaire de sodomie non consentie et soumission chimique. En coulisses, l’interprète aurait confié à des proches une phrase terrible rapportée par Paris Match : « Je sais que je suis mort professionnellement ».
Pour Nagui, cette intransigeance n’est pas une nouveauté. Le producteur applique la même grille éthique, peu importe le poids de la star ou son statut dans le cœur des Français. Par le passé, les répertoires de Bertrand Cantat, Jean-Luc Lahaye ou encore plus récemment de Slimane avaient subi exactement le même traitement d’urgence dès l’apparition des premières procédures judiciaires ou condamnations.
Dans le milieu de la variété, les langues commencent également à se délier. Alors que la chanteuse Lio affirmait récemment que les comportements de l’artiste étaient un secret de polichinelle dans l’industrie, la jurée de The Voice, Zazie, a publiquement apporté son soutien aux plaignantes sur l’antenne de Culture Médias : « J’attends de savoir toute la vérité, mais moi, je crois ces femmes ». Le jeu de France 2 continue donc sa route quotidienne, mais il devra désormais composer sans les refrains de l’ancienne idole des années 90.








