Entre la valse des ministres ces dernières années et un décrochage salarial face aux voisins européens, le système scolaire est sous haute tension. Selon un sondage OpinionWay, l’école pèse à hauteur de 34 % dans les critères de vote des Français. Revalorisation des fiches de paie, retour des examens d’antan ou suppression d’outils comme Parcoursup : chaque camp avance ses pions.
La fiche de paie : le terrain d’entente qui cache des pièges
Aujourd’hui, un enseignant perçoit en moyenne 3 090 euros nets par mois selon les données de la Depp. Un chiffre qui englobe de fortes disparités, allant de 2 950 euros pour les professeurs des écoles à 4 190 euros pour les agrégés. Face à un niveau de vie sous la moyenne européenne, les prétendants à l’Élysée s’accordent sur un point : il faut payer mieux.
« C’est massif, mais c’est indispensable pour redonner de la dignité à leur métier. » — Édouard Philippe sur sa promesse d’une hausse salariale de 20 %.
Si la promesse d’augmenter les professeurs est générale, les calculs et les contreparties diffèrent profondément selon les formations politiques :
- Édouard Philippe (Horizons) : +20 % sur cinq ans pour hisser le salaire moyen autour de 3 700 euros nets, financé en partie par la baisse démographique d’un million d’élèves.
- Gabriel Attal (Renaissance) : de 200 à 500 euros nets supplémentaires par mois pour les milieux de carrière, financés par des économies sur l’assurance chômage et les minima sociaux.
- Raphaël Glucksmann (Place publique) : une hausse substantielle non chiffrée pour rattraper les standards de l’OCDE, payée par la coupe des postes administratifs.
- Marine Le Pen (RN) : une revalorisation progressive adossée à une baisse drastique de la bureaucratie centrale.
- Jean-Luc Mélenchon (LFI) : une augmentation globale couplée à la titularisation sans condition des contractuels.
Organisation des cours : autonomie contre cadre strict
Le débat dépasse largement la question financière. La structure même de la journée de cours et les libertés accordées aux directeurs d’établissement divisent le spectre politique en deux blocs nets.
D’un côté, Édouard Philippe défend une autonomie poussée : laisser les établissements ajuster leurs emplois du temps, leurs méthodes d’apprentissage, et encadrer l’usage de l’intelligence artificielle pour la préparation des cours et les devoirs. Il propose aussi une rentrée anticipée de deux semaines pour les élèves en difficulté.
De l’autre côté, La France insoumise dénonce une mise en concurrence de l’école publique. Jean-Luc Mélenchon propose une politique centrée sur la limitation des effectifs :
- Plafond strict de 19 élèves par classe grâce au recrutement de 160 000 enseignants.
- Cantine 100 % gratuite et biologique issue de circuits courts.
- Suppression totale de la plateforme Parcoursup.
Discipline et niveau : le retour des anciens repères
Le rétablissement de l’autorité reste l’autre grand axe de campagne. Pour contrer le recul du niveau scolaire, Gabriel Attal mise sur la continuité de ses chantiers avec le retour du certificat d’études dès l’entrée en 6e, le brevet rendu obligatoire pour passer en seconde et la généralisation des groupes de niveau.
Marine Le Pen souhaite de son côté recentrer les programmes sur le français, les maths et l’histoire avec l’affichage obligatoire du « récit national » dans chaque classe. Le Rassemblement national prône aussi l’envoi des élèves perturbateurs dans des structures spécialisées après deux exclusions et l’abrogation du Pacte enseignant.
Édouard Philippe avance quant à lui l’idée d’une amende de responsabilité éducative ciblant financièrement les parents d’élèves violents ou absentéistes, calquée sur le dispositif britannique.







