Une ruée vers l’or des temps modernes
Tout commence comme un scénario de film. En 1988, Tommy Thompson localise l’épave du SS Central America, surnommé le « Ship of Gold ». Ce navire avait sombré en 1857 au large de la Caroline du Sud, emportant avec lui des tonnes d’or pur. Pour réussir cet exploit technologique, l’ingénieur avait convaincu 161 investisseurs de miser plus de 12 millions de dollars sur son projet.
La découverte est colossale. On parle de milliers de lingots et de pièces remontés des abysses. Mais très vite, la machine s’enraye. Les investisseurs, qui n’ont jamais vu la couleur de leur argent, lancent des poursuites dès 2005. Ils soupçonnent Thompson d’avoir caché une partie du magot, estimé selon certaines plaintes à près de 400 millions de dollars.
- Le navire transportait initialement 21 tonnes d’or.
- Une partie du trésor a été vendue pour 50 millions de dollars dans les années 2000.
- 500 pièces d’or historiques restent officiellement introuvables.
La cavale et le silence absolu
Face à la justice, Thompson choisit la fuite. En 2012, il disparaît des radars et devient l’un des fugitifs les plus recherchés des États-Unis. On apprendra plus tard qu’il vivait dans un hôtel en Floride, payant tout en liquide sous de fausses identités. Son arrestation en 2015 marque le début d’un bras de fer judiciaire historique : le juge exige l’emplacement des pièces manquantes, Thompson invoque des troubles de la mémoire.
« Monsieur Thompson a été emprisonné pendant plus de dix ans sans avoir bénéficié d’une procédure régulière dans le cadre d’une affaire civile », a déclaré Abraham Hamadeh, représentant républicain, au New York Times.
Le tribunal l’a maintenu en cellule pour « outrage », une situation rare où la durée de la peine dépend de la volonté du prisonnier de coopérer. Mais après une décennie de mutisme, la justice a fini par jeter l’éponge. Un juge fédéral de l’Ohio a estimé qu’une prolongation de son incarcération ne servirait plus à rien, l’homme étant visiblement prêt à mourir avec son secret.
Un nouveau chapitre en liberté surveillée
Libéré le 4 mars 2026, Tommy Thompson n’est pas pour autant totalement quitte. L’explorateur doit encore faire face à plusieurs contraintes :
- Une année de liberté surveillée obligatoire.
- Une amende de 250 000 dollars à régler.
- Une surveillance constante des autorités sur ses activités financières.
L’ancien océanographe, dont le génie a permis de retrouver l’une des épaves les plus célèbres de l’histoire, assure avoir confié les pièces à un fonds fiduciaire au Belize avant d’en perdre la trace. Mensonge calculé ou réelle amnésie ? Pour les spécialistes, Thompson reste l’un des personnages les plus énigmatiques de l’exploration sous-marine. Alors qu’il goûte à nouveau à l’air libre, une question brûle toutes les lèvres : ira-t-il un jour déterrer ce qu’il a si farouchement protégé ?
L’histoire de celui qui a écrit un livre intitulé « Comment vivre en restant invisible » semble loin d’être terminée. Si la justice a renoncé à le faire parler, le mystère des 500 pièces d’or du SS Central America, lui, reste entier sous la surface.








