Top 25 des films de gangsters de tous les temps

Si Le Parrain de Francis Ford Coppola reste la figure tutélaire incontestée du genre, le cinéma de gangsters n’a cessé de se réinventer au cours des dernières décennies. De la violence stylisée de Tarantino aux fresques historiques de Scorsese, en passant par le réalisme brut des favelas brésiliennes, le crime organisé fascine toujours autant. Pour célébrer l’héritage des Corleone, nous avons compilé et analysé les 25 œuvres majeures qui ont défini le genre après le choc de 1972.
films gangster

Les outsiders : entre style et tragédie (25-21)

Le bas du classement prouve déjà la richesse du genre. En 25e position, American Gangster (2007) vaut le détour presque exclusivement pour la performance de Denzel Washington. Si le film survole parfois la complexité du criminel Frank Lucas, l’acteur lui injecte une humanité brute qui sauve le biopic. Dans un registre plus mélancolique, Les Sentiers de la perdition (2002) voit Sam Mendes adapter un roman graphique avec une esthétique sombre et magnifique. C’est une tragédie père-fils où la chaleur des relations contraste avec la froideur d’un destin inéluctable.

Le réalisme frappe fort avec la 23e place : Boyz N the Hood (1991). Loin des clichés, ce film nous plonge dans South Central avec une sincérité désarmante. Le trio formé par Cuba Gooding Jr., Ice Cube et Morris Chestnut incarne la lutte pour donner un sens à la vie au milieu du chaos des gangs. Changement d’ambiance radical avec Snatch (2000) de Guy Ritchie (22e). C’est le triomphe du style : action frénétique, intrigue à tiroirs et personnages aux noms improbables comme « Franky Four Fingers ». Enfin, Gangs of New York (2002) mérite sa place pour l’échelle épique de sa reconstitution et, surtout, pour Bill le Boucher, l’un des méchants les plus vicieux de l’histoire incarné par l’immense Daniel Day-Lewis.

Les films cultes et les audaces créatives (20-11)

On entre dans la zone des films qui divisent ou surprennent. À la 20e place, le Scarface (1983) de Brian De Palma. Souvent jugé surestimé, il reste un monument de la pop culture. Al Pacino y livre une performance totalement excessive, à l’image du film : c’est à la fois terrible et génial. Plus étrange, Bugsy Malone (1976) est une comédie musicale où des enfants (dont une jeune Jodie Foster) jouent des gangsters. Une bizarrerie créative qui a marqué son époque.

Guy Ritchie revient à la 18e place avec son premier film, Arnaques, Crimes et Botanique (1998). Un hommage au cinéma de Tarantino, mélangeant humour sardonique et violence burlesque sur une bande-son rock et reggae. C’est le « Reservoir Dogs » britannique sous stéroïdes. Souvent critiqué, Le Parrain, 3e partie (1990) occupe la 17e place. Moins « parfait » que ses aînés, il offre néanmoins une dimension sociale et morale fascinante sur la rédemption impossible. Juste devant, Donnie Brasco (1997) brille par son mélange des genres entre film de flics et mafia, porté par le dilemme moral d’un Johnny Depp infiltré chez les Bonanno.

Le top 15 s’ouvre avec l’acte de naissance de Quentin Tarantino : Reservoir Dogs (1992). Violent, bavard et structuré avec brio, il annonce tout le cinéma à venir de son auteur. Dans un registre plus froid, Les Promesses de l’ombre (2007) de David Cronenberg (14e) nous offre une plongée brutale dans la mafia russe à Londres, marquée par une scène de combat inoubliable dans un hammam avec un Viggo Mortensen nu et tatoué. Martin Scorsese place ensuite Les Infiltrés (2006), remake efficace d’un thriller hongkongais qui lui vaudra enfin l’Oscar du meilleur film.

Le suspense est roi avec Usual Suspects (1995) en 12e position. Au-delà de ses twists légendaires, le film tient grâce à son casting (Kevin Spacey en tête) et glisse habilement du mystère pur vers le film de gangsters. Aux portes du top 10, Les Incorruptibles (1987) de De Palma reste une référence. La guerre contre Al Capone y est mise en scène avec style, grandiloquence et une musique inoubliable d’Ennio Morricone.

Le Top 10 : Les piliers du genre

10. Il était une fois le Bronx (1993)

Quand Robert De Niro passe derrière la caméra, il signe un récit initiatique poignant. Ancré dans le Bronx des années 60, le film explore les thèmes de la famille et de la race avec une honnêteté brutale mais un cœur énorme. Une œuvre personnelle qui sonne juste.

9. La Cité de Dieu (2002)

Une claque visuelle venue du Brésil. Le film est difficile à regarder tant il dépeint sans fard la vie des gangs de Rio, où tueurs et victimes sont souvent des enfants. La mise en scène urgente de Fernando Meirelles en fait une expérience viscérale, proche de l’intensité des Affranchis.

8. Il était une fois en Amérique (1984)

L’audace de Sergio Leone a payé. Cette fresque monumentale suit un groupe de gangsters juifs sur plusieurs décennies. Porté par De Niro et James Woods, c’est une histoire sociale du crime américain, violente et hantée par le temps qui passe.

7. Pulp Fiction (1994)

Le chef-d’œuvre de Tarantino. En remixant les codes du film noir, il crée un objet unique, circulaire, ultra-violent et hilarant. John Travolta y trouve son meilleur rôle et Samuel L. Jackson élève l’insulte au rang d’art. Une leçon de coolitude cinématographique.

6. Casino (1995)

Trois heures d’examen minutieux du crime, du châtiment et de la trahison à Las Vegas. Martin Scorsese reprend la recette visuelle et sonore de ses précédents succès pour une épopée enivrante où Sharon Stone livre la performance de sa vie.

Le Top 5 : La perfection cinématographique

5. Miller’s Crossing (1990)

Les frères Coen signent ici un film qui ressemble à un classique instantané tout en étant imprégné de leur patte unique. Dialogues ciselés, humour noir et esthétique léchée servent un John Turturro spectaculaire dans le rôle de Bernie, un personnage aussi imprévisible que lâche.

4. Mean Streets (1973)

C’est sans doute le film le plus personnel de Scorsese. Harvey Keitel y incarne un alter ego du réalisateur, coincé entre la religion et le crime dans le New York des années 70. C’est brut, vigoureux, et cela marque l’avènement du duo Scorsese-De Niro.

3. Le Parrain, 2e partie (1974)

Le parrain 2

 

Francis Ford Coppola a réussi l’impossible : réaliser une suite à la hauteur de l’original. En explorant en parallèle la jeunesse de Vito Corleone et le règne de son fils Michael, le film approfondit la tragédie familiale avec une maîtrise narrative absolue. Une œuvre aux proportions épiques.

2. Les Affranchis (1990)

les affranchis

S’il y a un film qui peut regarder Le Parrain dans les yeux, c’est celui-ci. Le biopic d’Henry Hill par Scorsese est une décharge électrique. Rapide, drôle et violent, il marche sur la ligne fine entre la glamourisation du crime et sa désolation. Le trio Liotta, De Niro et Pesci est tout simplement au sommet de son art.

1. Le Parrain (1972)

Le Parrain

Que dire qui n’ait déjà été dit ? Le drame criminel de Coppola définit le mot « épique ». De la partition musicale à la photographie, en passant par une narration qui élève la mafia au rang de tragédie shakespearienne, tout y est parfait. Plus de 50 ans après, il reste le maître-étalon absolu, le film auquel tous les autres doivent allégeance.

Ce classement prouve une chose : le crime paie… au cinéma. Ces films ont façonné notre imaginaire collectif et continuent d’influencer les réalisateurs d’aujourd’hui.

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