La fin des examens de 14h à 18h en vue ?
C’est la petite phrase qui a fait sursauter les futurs bacheliers ce dimanche 14 juin au matin sur France Inter. Interrogé par une auditrice sur l’adaptation du calendrier scolaire face au réchauffement climatique, le ministre de l’Éducation nationale s’est montré catégorique. À ses yeux, maintenir des lycéens enfermés dans des salles de classe en pleine fournaise n’est plus une option viable.
Le constat ministériel repose sur une logique de bon sens, qualifiée de « rustique » par l’intéressé lui-même, mais jugée redoutablement efficace pour maintenir un semblant de confort thermique dans les centres d’examen.
« On ne peut plus se permettre d’avoir des épreuves, aujourd’hui, en mai ou en juin, qui se déroulent de 14 heures à 18 heures. Parce que malgré tout, entre 8 heures et midi, si vous avez aéré le matin avant d’arriver, ça reste à peu près frais. » — Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale (France Inter)
Pour les 530 000 élèves de terminale qui ont commencé à plancher ce lundi 15 juin dès 8 heures sur l’épreuve de philosophie, la menace de la surchauffe est bien réelle. Après un début de mois de juin relativement respirable, Météo-France annonce une poussée de fièvre sur l’ensemble du territoire dès le milieu de la semaine, constituant le deuxième épisode de chaleur majeur de l’année 2026. On attend déjà 33°C à Bordeaux, 32°C à Toulouse et plus de 35°C de manière généralisée d’ici jeudi.
Ce qui change déjà (et ce qui pose problème)
Si la déclaration du ministre sonne comme une révolution, la réalité du terrain montre que l’Éducation nationale a déjà largement anticipé le coup. Comme le souligne Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du syndicat des personnels de direction (SNPDEN), la mesure va dans le bon sens mais ne fait que valider une tendance lourde.
- Écrits préservés : Sur le calendrier officiel du bac général et technologique 2026, la quasi-totalité des épreuves écrites obligatoires est déjà concentrée sur la matinée.
- Brevet des collèges : Le DNB applique la même recette, avec trois épreuves sur quatre sanctuarisées en matinée.
- Le piège des oraux : C’est ici que le bât blesse. Si les écrits échappent à la fournaise, les épreuves orales individuelles continuent d’être programmées tout au long de la journée, y compris aux heures les plus chaudes de l’après-midi.
Pour les syndicats, l’intention est louable mais l’application pratique reste un casse-tête logistique. Concentrer l’intégralité des examens sur une demi-journée demande de doubler le nombre de salles disponibles et de mobiliser deux fois plus de surveillants sur un même créneau horaire, une équation complexe pour les chefs d’établissement.
Avancer le Bac au printemps ? Le ministère tranche
Face à la répétition de ces canicules précoces qui perturbent la fin de l’année scolaire, certains experts et associations de parents d’élèves évoquent régulièrement une solution radicale : décaler le calendrier du Bac au mois de mars ou d’avril pour éviter les pics de chaleur de l’été.
Une proposition balayée d’un revers de main par Édouard Geffray. Pas question de toucher au calendrier ou de raccourcir l’année de terminale. Pour le ministère, l’adaptation doit être immobilière et organisationnelle, pas structurelle. Hors de question de sacrifier des semaines de cours précieux pour les élèves.
En attendant une refonte globale de la gestion des examens, le ministère a dû dégainer en urgence un guide de survie envoyé aux chefs de centres d’examen dès le mois de mai. Une série de consignes strictes pour tenter de limiter la casse dans les salles de classe cette semaine :
- Placer en priorité les tables des candidats dans les salles situées à l’ombre ou sur les façades les moins exposées.
- Maintenir les stores, volets et rideaux fermés dès l’aube pour bloquer le rayonnement solaire.
- Garantir un accès permanent à de l’eau potable, avec l’autorisation exceptionnelle pour les candidats de sortir s’approvisionner pendant les épreuves.
Une logistique de crise qui repose également sur les épaules des enseignants et agents techniques, invités à arriver dès l’aube dans les lycées pour créer des courants d’air et rafraîchir les bâtiments avant l’arrivée des candidats à 8 heures.















