48% des jeunes ne priorisent plus la famille

Le modèle traditionnel du « mariage et deux enfants » explose : 48% des jeunes Français considèrent désormais que fonder une famille n’est plus une étape nécessaire pour réussir sa vie.
jeunes famille

La fin du « passage obligé »

C’est un séisme sociologique. Selon une étude massive menée par l’institut Elabe pour le Cercle des Économistes, la jeunesse française ne court plus après les mêmes rêves que ses aînés. Sur les 5 000 personnes de 15 à 29 ans interrogées, presque une sur deux affirme que la case « famille » est devenue optionnelle.

Même chez les 25-29 ans, ceux qui sont biologiquement et socialement au cœur de ces décisions, l’enthousiasme reste tiède : seuls 52% d’entre eux en font une priorité. On est loin de l’automatisme générationnel des décennies précédentes.

  • Gauche : Seuls 44% placent la famille au centre de leurs priorités.
  • Droite : Le chiffre grimpe à 62%, mais reste loin du consensus historique.
  • Global : 2 jeunes sur 3 préfèrent une vie calme à une vie « à mille à l’heure ».

« Fonder une famille n’est plus une évidence, c’est une option parmi d’autres dans un monde devenu trop incertain. »

Santé mentale : la nouvelle priorité absolue

Si on ne mise plus tout sur le foyer, c’est parce qu’on a un autre chantier prioritaire : soi-même. Dans un contexte de crises permanentes — inflation, climat, instabilité géopolitique — la préservation de l’équilibre personnel est devenue le bouclier n°1 des 15-29 ans.

Pour 59% des répondants, la santé (mentale et physique) passera toujours avant toute autre contrainte, y compris le boulot. Ce n’est pas de la « flemme », mais une stratégie de survie. Avec 30% des jeunes déclarant des problèmes psychologiques réguliers et 29% souffrant de solitude permanente, le « self-care » est devenu une urgence politique.

Le sommeil, l’alimentation et le repos ne sont plus des variables d’ajustement pour réussir ses examens ou sa carrière, mais le socle non négociable de l’existence quotidienne.

Le travail, oui, mais sans se brûler les ailes

Le rapport au travail subit la même mutation profonde. Si le job reste la clé de l’indépendance, il perd son caractère sacré. On ne veut plus monter en grade à n’importe quel prix. La réussite ne se mesure plus aux galons sur l’épaulette, mais au temps libre disponible.

  • 60% des jeunes préfèrent un métier qui leur plaît sans forcément obtenir de promotion.
  • 52% acceptent de gagner moins d’argent en échange de plus de temps pour eux.
  • 45% envisagent sérieusement de quitter le salariat pour l’indépendance (freelance, entrepreneuriat).

L’intelligence artificielle vient ajouter une couche de vertige à ce tableau : 60% des jeunes craignent que leur futur métier disparaisse à cause de l’IA. Cette incertitude renforce ce besoin de « repli » vers le cercle proche et le territoire local, perçus comme des zones de sécurité face à un marché de l’emploi jugé de plus en plus violent.

« On ne veut plus s’oublier pour les autres ou pour une boîte. La solidarité, oui, mais pas au prix de l’épuisement. »

Une génération en mode « protection »

Face à des responsables politiques jugés « déconnectés » par 78% des sondés, vous êtes nombreux à vous tourner vers d’autres repères. La confiance se place désormais dans les scientifiques (74%) et les enseignants (67%).

Le smartphone est devenu le premier outil de navigation dans ce chaos. Plus qu’un simple divertissement, les réseaux sociaux servent à apprendre (80%), à s’informer (78%) et même à trouver un soutien émotionnel (43% via l’IA ou les plateformes). C’est là que se construit cette nouvelle norme : une vie centrée sur l’équilibre, le local et la protection de son intégrité mentale.

Au fond, ce que montre cette étude Elabe, c’est que la jeunesse de 2026 n’abandonne pas ses ambitions. Elle les déplace. Elle refuse de sacrifier son présent pour un futur hypothétique ou un modèle familial qui ne garantit plus le bonheur automatique.

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