Le smartphone, seul maître à bord au collège
Si vous pensiez que les tablettes ou les ordinateurs avaient encore une chance, oubliez tout. Pour la génération collège, le monde numérique tient dans une seule main. Selon le dernier rapport « L’année Internet » de Médiamétrie publié ce jeudi 12 février 2026, l’usage est sans appel.
- 91 % du temps passé en ligne par les 11-14 ans se fait sur smartphone.
- Les réseaux sociaux et messageries captent 63 % de leur attention totale sur le web.
- Au total, ils passent 2h50 par jour sur Internet, toutes activités confondues.
On est loin de la simple consultation de mails ou de recherches pour un exposé. Le smartphone est devenu le prolongement naturel du bras, une porte ouverte sur un univers qui ne s’arrête jamais, même quand les lumières s’éteignent.
Le « pic de minuit » : 10 % des ados encore en ligne
C’est sans doute le point le plus flippant de l’étude. Si le pic de connexion général se situe autour de 18h41, juste après les cours, une partie non négligeable des jeunes ne décroche pas au moment du coucher.
« 10 % des 11-14 ans qui vont sur internet sont connectés à minuit, ce qui peut donner des collégiens assez fatigués le lendemain », alerte Catherine Poullet, directrice de la mesure d’audience internet chez Médiamétrie.
Cette hyperconnexion nocturne explique en grande partie pourquoi le gouvernement français veut taper du poing sur la table. Le manque de sommeil, couplé à l’exposition à des contenus inadaptés, est au cœur des préoccupations de santé mentale.
Snapchat reste le roi, TikTok juste derrière
Malgré les polémiques, la hiérarchie des applications reste solide chez les plus jeunes. On observe une vraie fidélité aux plateformes de messagerie instantanée, qui servent avant tout à garder le lien avec la « bande » du collège.
- Snapchat : 52 % d’utilisation (le grand leader).
- WhatsApp : 40 % (la messagerie familiale et amicale).
- Instagram : 32 %.
- TikTok : 30 %.
- Facebook : 16 % (toujours en survie chez les petits).
2026 : l’année du grand débranchement ?
Ces chiffres tombent pile au moment où la législation s’accélère. On ne parle plus seulement de conseils ou de prévention, mais d’interdiction pure et simple. Le projet de loi, déjà voté à l’Assemblée nationale et bientôt devant le Sénat, prévoit un calendrier serré pour protéger les moins de 15 ans.
Dès la rentrée 2026, aucun nouveau compte ne pourra être créé sur les réseaux sociaux par un mineur de moins de 15 ans sans autorisation. Mieux (ou pire, selon votre point de vue), au 1er janvier 2027, la mesure sera généralisée à tous les comptes existants. En parallèle, l’usage du téléphone portable au lycée pourrait lui aussi être banni.
L’objectif affiché par les autorités est clair : lutter contre le cyberharcèlement et préserver la santé mentale. Reste à voir si la technique suivra la loi et si les adolescents ne trouveront pas, comme toujours, un moyen de contourner les barrières numériques.








