Phoebe Gates accusée de fraude : le scandale Phia

La fille du milliardaire Bill Gates est prise dans une violente tempête judiciaire : sa startup Phia est accusée de cookie stuffing, une méthode frauduleuse pour détourner des millions de commissions e-commerce.
phoebe gates cookies

La « fille de » au cœur du cyclone tech

À seulement 23 ans, Phoebe Gates promettait de réussir dans le monde des startups par ses propres moyens, loin de l’ombre de son père (qui a pourtant réaffirmé sa décision de donner 99% de sa fortune). Co-fondée avec Sophia Kianni, son application Phia se présentait comme un assistant de shopping intelligent, capable d’installer des codes promo et de dénicher les meilleures affaires sur le web.

Sauf que les coulisses du projet révèlent une réalité bien moins reluisante. Selon de récentes révélations publiées par Bloomberg, la jeune licorne de la tech aurait gonflé artificially ses chiffres d’affaires de manière illégale depuis au moins le mois de décembre.

Le « cookie stuffing » : la magouille qui coûte cher

Pour comprendre l’affaire, il faut regarder du côté du marketing d’affiliation. Normalement, lorsqu’un utilisateur clique sur un lien d’achat ou applique un code promo via une extension, un « cookie » est déposé pour attribuer une commission à l’application.

Le problème ? Phia est accusée de cookie stuffing. L’extension injectait ses marqueurs en arrière-plan à l’insu des utilisateurs, sans aucun clic requis, écrasant au passage les commissions dues à d’autres créateurs de contenu.

  • Chute libre des revenus : Après la désactivation de cette option litigieuse en juillet, les revenus quotidiens de l’entreprise sont passés de 80 000 $ à moins de 28 000 $.
  • Un système massif : La fraude aurait représenté environ 51 % du volume de ventes revendiqué par la plateforme en juin.
  • Des victimes de marque : Des géants comme Nike, Gap, Nordstrom ou Etsy ont été impactés par ces fausses attributions.

Des échanges Slack dévastateurs

Alors que la direction évoquait initialement un simple « bug technique » découvert à la hâte, des messages internes Slack fuités viennent contredire cette version officielle. On y voit la jeune fondatrice inciter directement ses équipes techniques à forcer la présence des cookies sur l’ensemble des sites partenaires.

« Est-ce que tu peux me confirmer que le cookie drop automatique est actif sur TOUS les sites avec un coupon, pour s’assurer qu’on monétise bien sur tout le volume de vente ? »
— Phoebe Gates, dans un message Slack interne adressé à ses développeurs.

Sa co-fondatrice Sophia Kianni suggérait de son côté de contourner les règles de Google Chrome pour continuer à pousser les cookies, même si l’internaute cherchait simplement à fermer la fenêtre pop-up.

Un risque pénal majeur aux États-Unis

Outre la perte de confiance des investisseurs et la rupture de contrats avec les réseaux d’affiliation comme Impact.com, l’affaire prend une tournure judiciaire explosive. Aux États-Unis, le cookie stuffing intentionnel relève de la fraude électronique fédérale (wire fraud).

Bien qu’aucune inculpation officielle n’ait encore été prononcée à l’encontre de Phoebe Gates, les juristes rappellent que la loi américaine prévoit des peines maximales pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison ferme pour ce type de manœuvre financière délictuelle.

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