Un stratagème qui a duré 25 ans
L’histoire commence en 1999, après le décès de la mère de Mavious Redmond. Alors âgée de 28 ans, elle décide de conserver les prestations d’assurance retraite de la défunte. Pour y parvenir, elle inscrit la date de naissance et le numéro de sécurité sociale de sa mère sur des formulaires officiels. Elle imite aussi sa signature et va jusqu’à se faire passer pour elle au téléphone et lors de visites en personne dans les bureaux administratifs.
Grâce à ce système, elle a perçu environ 1 000 euros par mois pendant 25 ans. Au total : 360 627 dollars, soit environ 307 000 euros.
Une fraude dénoncée par les autorités
Lors du procès, le procureur fédéral par intérim Joseph H. Thompson a dénoncé la gravité des faits :
« Ce n’était pas de l’argent gratuit. C’était l’argent des contribuables, volé à un programme fondé sur le travail acharné des habitants du Minnesota qui ont cotisé à chaque paie. »
Pour les autorités, ce cas doit servir d’exemple. Le procureur a rappelé que toute fraude aux aides sociales serait poursuivie, afin de protéger les fonds destinés aux bénéficiaires légitimes.
Un crime né du désespoir
Si la justice a retenu l’usurpation d’identité et la fraude, l’avocat de la quinquagénaire a tenté d’expliquer le geste de sa cliente. Selon lui, il s’agit d’un crime d’opportunité et non d’un plan élaboré pour s’enrichir.
« Le crime de Mavious Redmond était un crime d’opportunité né du désespoir. Cette fraude n’avait pas pour but de lui permettre de vivre dans le luxe », a déclaré son avocat, Maître Robert Meyers.
Au moment des faits, la jeune femme travaillait dans la restauration rapide pour un salaire très faible. Elle dépendait également des banques alimentaires et s’est retrouvée sans soutien après la mort de sa mère.
Une vie marquée par la précarité
Si Mavious Redmond a réussi à cacher sa fraude pendant 25 ans, elle n’a pas pour autant vécu dans l’aisance. Après la découverte de son escroquerie, elle a enchaîné les petits boulots, notamment chez McDonald’s, avant d’être licenciée. Aujourd’hui, à 54 ans, elle vit dans un refuge pour sans-abri et cherche à se reconstruire.
La justice l’a condamnée à un an de prison, suivi d’une année de liberté surveillée. Au-delà de la peine, cette affaire met en lumière la difficulté pour certains Américains de survivre dans un système où la sécurité sociale est souvent la dernière bouée de sauvetage.