Un scénario catastrophe près de Barcelone
C’est une scène que l’on redoute tous, celle d’un trajet du quotidien qui vire au drame. Ce mardi 20 janvier 2026, aux alentours de 21h, un train de banlieue circulait dans la province de Barcelone. Tout a basculé à hauteur de la commune de Gelida.
Imaginez la violence de l’impact : le convoi a percuté de plein fouet un mur de soutènement qui venait tout juste de s’effondrer sur les voies. Dans l’obscurité, le conducteur n’avait aucune chance d’éviter l’obstacle. Les passagers, eux, ont été projetés violemment.
Le bilan provisoire communiqué par la Protection civile de Catalogne et les pompiers fait froid dans le dos :
- Une personne est décédée.
- 37 passagers ont été blessés et pris en charge par les secours.
- Parmi eux, cinq sont dans un état jugé grave.
Selon les éléments relayés par Claudi Gallardo, le responsable des pompiers catalans sur place, la victime décédée se trouvait aux avant-postes. Il s’agit du conducteur du train. Le wagon de tête a absorbé la quasi-totalité de l’impact, se transformant en un piège de métal pour celui qui était aux commandes.
La météo pointée du doigt
Pourquoi un mur s’effondre-t-il ainsi sur des rails ? La réponse tient aux conditions météorologiques exécrables qui frappent la région. Depuis plusieurs heures, des pluies torrentielles et une tempête s’abattent sur la Catalogne.
Le gestionnaire du réseau ferroviaire, Adif, a rapidement confirmé que c’est bien la météo qui a provoqué l’éboulement. Les sols, gorgés d’eau, ont fini par céder, déversant des tonnes de débris et de pierres sur la voie, quelques instants seulement avant le passage du train de banlieue.
Ce n’était d’ailleurs pas le seul incident de la journée. Un peu plus tôt, un autre train a déraillé entre Blanes et Maçanet, toujours en Catalogne. Là encore, des pierres charriées par la tempête se sont retrouvées sur les rails. Heureusement, dans ce cas précis, aucun blessé n’est à déplorer, mais cela en dit long sur la fragilité actuelle du réseau face aux intempéries.
Un traumatisme national : l’ombre d’Adamuz
Si cet accident résonne aussi fort ce matin, c’est parce que l’Espagne vit un véritable cauchemar éveillé depuis 48 heures. Il est impossible de dissocier ce drame de celui d’Adamuz, survenu deux jours plus tôt.
Souvenez-vous : dimanche dernier, une collision effroyable entre deux trains en Andalousie a coûté la vie à au moins 42 personnes et fait plus de 120 blessés. Le pays est encore en plein deuil national.
Le matin même de l’accident de Barcelone, le roi Felipe VI et la reine Letizia étaient au chevet des victimes en Andalousie pour témoigner de leur soutien. Et voilà que le soir même, les sirènes des ambulances résonnent à nouveau, cette fois en Catalogne.
Cette succession de drames crée un climat d’anxiété palpable. Pour beaucoup d’Espagnols, prendre le train cette semaine relève de l’angoisse.
Colère et inquiétude sur les rails
Face à cette accumulation, la tristesse laisse doucement place à la colère et aux interrogations. Les syndicats, notamment celui des ingénieurs ferroviaires, commencent à hausser le ton concernant la gestion des infrastructures et la sécurité.
Certains dénoncent une forme de passivité des autorités face aux alertes météo. Fallait-il interrompre le trafic plus tôt compte tenu de la violence des pluies et des risques d’éboulement ? C’est la question qui brûle toutes les lèvres.
Le syndicat espagnol des conducteurs a d’ailleurs demandé que le trafic ne reprenne pas tant que des inspections complètes n’auront pas été menées. Une exigence de sécurité minimale alors que la confiance des voyageurs est, ce soir, sérieusement ébranlée.
Pour l’heure, la priorité reste le soin des blessés évacués vers les hôpitaux de Barcelone et le dégagement des voies. Mais une chose est sûre : l’Espagne gardera une cicatrice profonde de cette semaine noire de janvier 2026.








