Un dernier SMS envoyé 45 minutes avant la fin
Tout s’est joué dans un timing effroyable. Mardi 13 janvier, Camélia sort du bureau du proviseur du lycée Honoré-de-Balzac.
Elle prend son téléphone et envoie un dernier message WhatsApp à sa mère. Il est 16h32. Les mots, révélés par nos confrères du Parisien et de France Info, sont d’une violence psychologique inouïe :
« Ils ont dit que c’est moi la fautive et que j’aurais une sanction disciplinaire. Je t’aime de tout mon cœur (…) Il a dit que je me victimise. En tout cas, je t’aime. Et tu es la meilleure maman du monde. »
Moins d’une heure plus tard, l’irréparable est commis. Camélia se donne la mort en gare de Villeparisis-Mitry-le-Neuf.
Le proviseur au cœur de l’enquête
La question qui hante tout le monde aujourd’hui est simple : l’institution a-t-elle poussé la victime à bout ?
Selon les éléments rapportés par la famille aux enquêteurs, l’entretien qui a précédé le drame a été catastrophique. Au lieu d’être entendue, Camélia aurait été « renvoyée à sa propre part de responsabilité », selon les termes du procureur de la République de Meaux.
La veille déjà, une confrontation avait eu lieu avec les élèves harceleurs présumés. Camélia avait alors confié à sa mère que le chef d’établissement était « en colère ».
Une voisine de l’adolescente, citée par France Info, rapporte des propos similaires : le proviseur lui aurait dit « d’arrêter de faire la victime », que cette histoire « le saoulait » et qu’il « en avait marre ».
Un harcèlement qui durait depuis des mois
Pourtant, l’alerte avait été donnée. Camélia, décrite par ses camarades de STMG comme une fille « super souriante » qui cachait bien son jeu, vivait un enfer.
D’après Le Monde et Libération, ses parents avaient contacté l’établissement avant les vacances de Noël. Les faits ? Des insultes, parfois à caractère sexuel, et une mise à l’écart systématique.
Malgré les signalements, la situation a pourri. Une amie proche confie à l’AFP : « Il y avait trois principaux harceleurs mais aussi toute une classe derrière ».
C’est une réalité statistique effrayante rappelée par les associations : en France, un enfant sur cinq risque de subir du harcèlement durant sa scolarité, et seulement 40 % des faits seraient réellement sanctionnés.
L’État lance (enfin) une enquête administrative
Face à la polémique qui enfle et à la colère des lycéens qui manifestent aux cris de « Stop au harcèlement », le ministère a dû réagir vite.
Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale, a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative. L’objectif est clair : déterminer s’il y a eu dysfonctionnement dans la chaîne de protection.
De son côté, la famille a porté plainte pour « harcèlement scolaire ayant conduit au suicide ». Le proviseur, lui, fait l’objet de menaces de mort sur les réseaux sociaux et a été placé sous protection fonctionnelle.








