Immigration : 384 230 titres de séjour délivrés en 2025

Les chiffres officiels de l’immigration pour l’année 2025 viennent de tomber, révélant un paradoxe frappant entre une hausse globale des titres de séjour et un verrouillage des régularisations. Entre l’afflux d’étudiants internationaux et l’effet des circulaires « Retailleau », on vous explique ce qui change vraiment.
immigration 2025

Un record de titres de séjour portés par les amphis

Selon les données publiées ce mardi par la Direction générale des étrangers en France (DGEF), 384 230 premiers titres de séjour ont été délivrés en 2025. C’est une progression nette de 11,2 % par rapport à l’année précédente. Mais ne vous y trompez pas : ce n’est pas le travail qui booste ces statistiques, mais bien les études.

Pour la troisième année consécutive, les étudiants représentent le premier motif d’arrivée en France avec près de 118 000 titres accordés. Que ce soit pour des jeunes venus de Chine, des États-Unis ou du Cameroun, la France reste une destination phare pour les diplômes. Un tiers des nouveaux arrivants franchit ainsi la frontière avec un sac à dos et une carte d’étudiant en poche.

Le « verrou » Retailleau : la fin des régularisations faciles

Si les entrées montent, l’ascenseur de la régularisation, lui, est en panne. Pour la première fois depuis longtemps, le nombre de sans-papiers régularisés repasse sous la barre des 30 000 (28 610 dossiers). C’est une baisse de 10 % directement liée à la politique de l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, qui a durci les règles pour les travailleurs de l’ombre.

Désormais, pour espérer obtenir des papiers par le travail, il faut souvent justifier de sept ans de présence sur le sol français, contre cinq auparavant. Pour les associations comme la Cimade, ce durcissement transforme la France en une « fabrique de sans-papiers ». En parallèle, les expulsions ont bondi de 15,7 %, atteignant un niveau record avec près de 25 000 renvois l’an dernier.

Géopolitique : l’effet tunnel pour l’Ukraine et l’Afghanistan

L’autre moteur de cette hausse est humanitaire. Les titres délivrés pour ce motif ont explosé de 65 % en un an. Le nombre de premiers titres accordés aux Ukrainiens a été multiplié par quatre, tandis que les ressortissants afghans sont désormais 18 000 à avoir obtenu un statut de protection en 2025.

Du côté de l’asile, le constat est tout aussi impressionnant : si les demandes globales baissent légèrement, le taux d’acceptation s’envole. Plus d’un demandeur sur deux obtient désormais le statut de réfugié auprès de l’Ofpra ou de la CNDA. La France s’installe ainsi comme le deuxième pays d’accueil en Europe, juste derrière l’Espagne.

Naturalisation : devenir Français devient un parcours du combattant

Vous rêviez de la nationalité française ? Il va falloir réviser votre grammaire. Les naturalisations ont chuté de près de 7 % en 2025. Cette baisse s’explique par des critères de plus en plus sélectifs, notamment sur le niveau de langue requis qui est passé du niveau B1 au niveau B2 (intermédiaire avancé) au début de l’année.

Même constat pour le Maghreb : si le Maroc, l’Algérie et la Tunisie restent en tête des pays d’origine, le flux ralentit. Les délivrances de titres pour les ressortissants de ces trois pays sont en baisse, marquant un tournant dans les relations migratoires historiques de la France avec ses voisins de la Méditerranée.

Ces chiffres traduisent une immigration de plus en plus choisie par les diplômes et subie par les crises mondiales, au détriment de l’intégration par le travail local.

Ce qu’il faut retenir en 3 points

  • Les étudiants d’abord : Ils sont le moteur principal de l’immigration légale en 2025 (+6,4 %).
  • Sécurité et fermeté : Les expulsions sont au plus haut depuis 10 ans, tandis que les régularisations chutent.
  • Urgence humanitaire : Les crises en Ukraine et en Afghanistan pèsent lourdement sur les chiffres de la protection.

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