Un profil loin des clichés de la violence
À Lyon, ceux qui ont côtoyé Quentin décrivent un jeune homme de 23 ans aux antipodes de la violence qui l’a emporté. Originaire de Vienne (Isère), cet étudiant en mathématiques était perçu comme un profil « studieux, amateur de philosophie et de littérature ». Selon son avocat, Maître Rajon, il s’était converti au catholicisme durant son adolescence, une foi devenue le pilier de sa vie.
Le jeune homme passait une grande partie de son temps à l’église Saint-Just. À l’intérieur de cette paroisse traditionaliste, Quentin cherchait une « quête de sens ». Très investi, il chantait dans la chorale et participait à des maraudes l’hiver pour aider les sans-abris. Ses proches évoquent une personnalité calme et généreuse, animée par des convictions profondes mais toujours vécues pacifiquement.
« Il était animé d’une foi profonde, cherchait le bien commun. Il n’était pas un ‘gros bras’ d’extrême droite. »
Un engagement aux frontières de l’identité
Malgré ce portrait pacifique, le parcours de Quentin possédait une facette militante marquée. L’étudiant fréquentait Academia Christiana, une organisation catholique identitaire, et était membre de l’Action française. Plus récemment, il s’était rapproché du collectif Audace, participant à des entraînements sportifs de boxe et de footing avec eux.
- Étudiant studieux : Brillant en mathématiques et passionné de tennis.
- Fervent catholique : Pilier de sa paroisse, converti par conviction personnelle.
- Militant nationaliste : Engagé depuis plusieurs années, mais sans aucun antécédent judiciaire.
Jeudi soir, il s’était rendu aux abords de Sciences Po Lyon. Selon le collectif Némésis, il était venu assurer bénévolement la protection de leurs militantes lors d’une action contre la conférence de Rima Hassan. C’est à ce moment que la situation a basculé. Son avocat insiste : Quentin n’était ni agent de sécurité, ni membre d’un service d’ordre professionnel, mais un simple sympathisant venu prêter main-forte.
Un lynchage qui embrase la sphère politique
L’agression, qualifiée de « guet-apens » par la famille, a été d’une violence inouïe. Une vidéo amateur montre plusieurs individus s’acharnant sur une silhouette au sol. Quentin a succombé à ses blessures après deux jours d’hospitalisation. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré que les témoignages pointaient « manifestement » vers une implication de l’ultragauche, et plus précisément de la Jeune Garde.
Au centre des accusations, Jacques-Élie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, a été reconnu par plusieurs témoins comme étant présent sur les lieux. S’il dément formellement toute responsabilité, il s’est mis en retrait de ses fonctions. La justice a désormais ouvert une enquête pour « coups mortels aggravés » afin de faire toute la lumière sur ce drame qui a suspendu la campagne municipale à Lyon.
« C’est l’ultragauche qui manifestement a tué. » — Gérald Darmanin, ministre de la Justice.








