C’est le genre de « featuring » dont on se passerait bien. Alors qu’elle s’apprête à faire son grand retour avec le duo Justice, Angèle Van Laeken se retrouve au cœur d’une enquête de la Direction générale des finances publiques. Au centre du litige : son appartement du XVIIIe arrondissement de Paris et quelques millions d’euros qui auraient dû, selon Bercy, passer par les caisses de l’État français.
Le fisc ne plaisante pas et a déjà frappé fort en menant une visite domiciliaire (une perquisition fiscale) dans le pied-à-terre parisien de la star. Si l’artiste dément fermement toute dissimulation, les enquêteurs ont accumulé des indices qui pourraient lui coûter cher. On vous décode les trois éléments qui ont mis le feu aux poudres.
1. Une interview dans Vogue qui coûte cher
C’est parfois en voulant être proche de son public que l’on s’attire des ennuis. En 2023, lors d’un entretien avec le magazine Vogue, l’interprète de « Bruxelles je t’aime » confiait passer « la moitié de l’année à Paris ». Une phrase anodine ? Pas pour les agents de Bercy.
- En droit fiscal français, séjourner plus de 183 jours par an sur le territoire peut vous rendre résident fiscal d’office.
- Cette déclaration a servi de base légale pour ouvrir les investigations.
- Le fisc soupçonne désormais que le « centre décisionnel » de sa société, Saïmiri, se trouve en réalité en France.
2. L’espionnage… par le compteur de gaz
Vous pensiez que vos factures d’énergie n’intéressaient que votre fournisseur ? Détrompez-vous. Pour prouver qu’Angèle vit bien à Paris et non à Bruxelles, les enquêteurs ont analysé sa consommation de gaz et d’électricité sur deux ans.
« Il peut être présumé que l’appartement est utilisé de manière régulière », avance l’administration fiscale.
Selon les informations révélées par le média L’Informé, la consommation relevée dans son logement parisien correspondrait à celle d’une résidence principale occupée à plein temps. Pour se défendre, la chanteuse invoque le mauvais diagnostic énergétique de l’appartement et le souvenir du confinement lié au Covid-19, qui l’aurait forcée à rester sur place plus longtemps que prévu.
3. Des millions d’euros sous surveillance
L’enjeu financier est colossal. Entre 2021 et 2023, la société d’Angèle, Saïmiri SRL, a perçu des sommes astronomiques provenant de partenaires français comme Universal Music France et Auguri Productions. On parle de montants oscillant entre 5 et 7,5 millions d’euros par an.
Le fisc note un décalage entre ces revenus générés en France et les résultats déclarés en Belgique. Pour l’administration, si l’activité de promotion et de gestion est « initiée ou conduite depuis le territoire français », l’impôt doit tomber dans l’escarcelle de Bercy.
La réaction de la star ne s’est pas fait attendre. Via un communiqué de son agence de relations publiques, Angèle a tenu à remettre les points sur les « i » :
« À aucun moment, il ne peut être soutenu qu’Angèle Van Laeken et sa société auraient dissimulé des revenus ou éludé l’impôt. »
Ses avocats plaident une simple « question d’interprétation » entre deux pays. Selon eux, la vie sociale et économique de l’artiste reste ancrée à Bruxelles, où elle paie déjà des contributions importantes. Ils dénoncent également un « ciblage plus large des artistes belges » qui cartonnent sur le marché français.
Pour l’instant, aucune proposition de redressement n’a été formulée, mais la justice a déjà rejeté la plupart des demandes d’annulation des saisies effectuées chez elle. La bataille juridique ne fait que commencer, alors même qu’Angèle s’apprête à reprendre le chemin des studios.








