C’est une interpellation digne d’un film qui a déclenché l’affaire. Mercredi dernier, Gandhi Djuna (son vrai nom) a été cueilli par les douanes à sa descente d’avion à l’aéroport de Roissy. Après 48 heures de garde à vue, la star de 39 ans est ressortie libre, mais sous un contrôle judiciaire ultra-strict. L’enquête, pilotée par le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), porte sur un réseau de blanchiment international aux chiffres vertigineux.
Le montant de la fraude estimé par les enquêteurs laisse sans voix :
- 319 millions d’euros : C’est la somme qui aurait transité par ce réseau entre 2019 et 2025.
- 1,5 million d’euros : C’est le montant de la caution record que le chanteur doit verser avant septembre.
- 15 personnes : Gims a désormais l’interdiction formelle de rencontrer une liste précise de protagonistes liés au dossier.
Le projet « Sunset Village » à Marrakech dans le viseur
Au centre des soupçons, on retrouve un projet immobilier pharaonique promu par l’artiste au Maroc : le Sunset Village Private Residence. Inauguré en 2025, ce complexe de 118 villas de grand luxe avec lagon artificiel de 3 000 m2 cacherait, selon la justice, un montage financier illégal.
Le schéma de fraude décrit par les enquêteurs de l’Office national antifraude (ONAF) est d’une complexité rare :
« Une myriade de sociétés spécialement constituées dans différents pays pour se jouer de la TVA, faciliter l’émission de fausses factures et dissimuler l’origine de fonds provenant d’activités illégales. »
L’enquête suggère que Gims et ses collaborateurs auraient utilisé des fonds d’origine illicite pour financer ces investissements immobiliers massifs à l’étranger. Le chanteur, de son côté, nie en bloc avoir eu connaissance du moindre agissement frauduleux.
Des liaisons dangereuses avec le grand banditisme ?
L’affaire prend une tournure encore plus sombre avec l’implication présumée de figures du milieu. Cinq anciens trafiquants de drogue, reconvertis dans la criminalité financière, sont déjà mis en cause dans ce dossier fleuve. La justice cherche à savoir si la star a sciemment participé à ce système de conversion d’argent sale ou si son image a été utilisée par des réseaux plus structurés.
Malgré la gravité des accusations, le juge d’instruction n’a pas suivi toutes les réquisitions du parquet :
- Liberté de mouvement : Gims n’a pas d’interdiction de quitter le territoire français.
- Tournée maintenue : Il est attendu dès ce week-end à Abidjan et pourra poursuivre ses festivals cet été, dont les Vieilles Charrues.
- Contrôle judiciaire : Il doit néanmoins informer le magistrat de chacun de ses déplacements.
Pour le plus gros vendeur de disques de l’année 2025, le combat judiciaire ne fait que commencer. S’il reste présumé innocent à ce stade, cette mise en examen pour « concours en bande organisée à une opération de dissimulation » marque un tournant majeur dans sa carrière. Les investigations se poursuivent désormais pour identifier l’intégralité des flux financiers de ce réseau tentaculaire.








