Le divorce est consommé avec Microsoft
C’est un séminaire interministériel tenu le 8 avril 2026 qui a mis le feu aux poudres. La DINUM, le cerveau informatique de l’État, a officiellement lancé sa « désensibilisation » vis-à-vis des outils américains. Terminé la dépendance totale aux géants de la Silicon Valley : l’heure est à la souveraineté numérique.
Le chantier est immense et ne concerne pas que le système d’exploitation :
- Migration vers Linux : La DINUM montre l’exemple en basculant ses propres postes de travail.
- Plan ministériel : Chaque ministère doit présenter d’ici l’automne une stratégie pour réduire sa dépendance aux USA.
- Souveraineté totale : Le plan couvre aussi bien l’antivirus, l’intelligence artificielle que les bases de données.
« Nous devons nous désensibiliser des outils américains et reprendre le contrôle de notre destin numérique. » — Communiqué officiel de la DINUM.
Économiser des millions en quittant Zoom et Teams
Au-delà de la sécurité et de la peur d’une coupure d’accès par les États-Unis, l’argument est aussi financier. Le CNRS a déjà annoncé l’abandon de Zoom pour ses 150 000 collaborateurs et chercheurs. L’Assurance maladie suit le mouvement pour ses 80 000 agents. Le calcul est simple : chaque tranche de 100 000 personnes migrant vers des outils souverains permet d’économiser environ un million d’euros par an.
Pour remplacer les solutions américaines, l’État mise sur « LaSuite », son propre écosystème collaboratif :
- Tchap : La messagerie sécurisée qui compte déjà 300 000 utilisateurs mensuels.
- Visio : L’alternative souveraine à Teams et Zoom, déjà adoptée par 100 000 personnes.
- Santé : Les données du Health Data Hub devront quitter les serveurs Microsoft Azure d’ici fin 2026.
Un pari risqué mais nécessaire ?
Si l’ambition politique est claire, le passage à la pratique reste un défi. On se souvient des tentatives passées à Munich ou dans certaines administrations françaises qui s’étaient soldées par des retours en arrière compliqués. Le passage à Linux demande du temps, de la formation et surtout d’adapter des milliers d’applications métiers conçues à l’origine uniquement pour Windows.
De plus, l’État fait face à la critique des éditeurs de logiciels français. Ces derniers dénoncent une forme de concurrence déloyale quand l’administration développe ses propres outils au lieu de soutenir les entreprises locales. La bataille pour le futur numérique de la France ne fait donc que commencer.
« La souveraineté numérique n’est pas une option, c’est une nécessité stratégique. L’Europe doit se doter des moyens de ses ambitions. » — Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée du Numérique.
Le calendrier s’accélère : les premières « rencontres industrielles du numérique » se tiendront en juin pour sceller une alliance public-privé. Entre tensions géopolitiques et fin du support de Windows 10, l’État semble bien décidé à ne plus laisser ses données clés entre les mains de l’Oncle Sam. Et vous, vous seriez prêts à lâcher Windows pour Linux au bureau ?








