Affaire Epstein : Jack Lang assume ses liens avec le financier

L’ancien ministre de la Culture Jack Lang a déclaré assumer pleinement ses relations passées avec Jeffrey Epstein, tout en affirmant avoir tout ignoré de ses crimes sexuels. Une mise au point nécessaire alors que des documents déclassifiés aux États-Unis révèlent des échanges financiers troublants impliquant sa famille.
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Des documents explosifs venus des États-Unis

Le week-end dernier, le ministère de la Justice américain a lâché une bombe : une nouvelle salve de documents issus des « Epstein Files ». Au milieu des milliers de pages déclassifiées, le nom de Jack Lang, 86 ans, et celui de sa fille Caroline apparaissent à plusieurs reprises. On ne parle plus seulement de mondanités, mais de discussions d’affaires très concrètes.

Actuellement président de l’Institut du monde arabe, Jack Lang n’a pas tardé à réagir via l’AFP ce lundi 2 février 2026. S’il reconnaît les liens, il plaide la surprise totale. « Rien ne laissait supposer que Jeffrey Epstein pouvait être au cœur d’un réseau de criminalité », martèle-t-il. Pour lui, le financier n’était alors qu’un mécène érudit fréquentant le Tout-Paris.

Le mystère du riad à 5,4 millions d’euros

L’un des points les plus chauds de l’enquête menée par Mediapart concerne une transaction immobilière au Maroc en 2015. Des courriels montrent Monique Lang, l’épouse de l’ancien ministre, écrivant à Epstein depuis le compte de son mari. Le sujet ? La vente d’un riad à Marrakech nommé « Ksar Masa » pour la coquette somme de 5,4 millions d’euros.

Dans ces échanges, Jack Lang lui-même aurait précisé les conditions financières, mentionnant un prix « offshore ». Interrogé sur ce dossier, l’ancien ministre a déclaré ne plus se souvenir précisément de l’histoire, affirmant avoir simplement servi d’intermédiaire pour transmettre les prétentions d’un vendeur ami. Une explication qui peine à convaincre les observateurs les plus sceptiques.

Caroline Lang et la société dans les paradis fiscaux

Le volet financier s’épaissit avec le rôle de Caroline Lang, la fille aînée de l’ancien ministre. En 2016, elle aurait fondé avec Jeffrey Epstein une société offshore baptisée « Prytanee LLC », domiciliée aux îles Vierges américaines. L’objectif affiché : l’achat d’œuvres d’art. Selon les documents consultés, cette structure aurait vu passer 1,4 million de dollars.

Caroline Lang a confessé à Mediapart une « naïveté confondante », reconnaissant n’avoir jamais déclaré cette société au fisc français. Plus surprenant encore : elle figure sur un testament financier signé par Epstein deux jours avant son suicide en 2019. Le criminel lui y promettait 5 millions de dollars. Une somme dont elle affirme avoir ignoré l’existence jusqu’à récemment.

« Je ne demande pas le casier judiciaire de mes amis »

Pour se défendre, Jack Lang invoque une certaine philosophie de vie. Rencontré via le réalisateur Woody Allen il y a quinze ans, Epstein l’aurait séduit par sa culture et sa curiosité intellectuelle. L’ex-ministre souligne également la « gentillesse » du financier lors du décès de sa fille Valérie Lang, ce qui aurait renforcé leur sympathie mutuelle.

Aujourd’hui, il se dit profondément heurté d’être associé, même par sous-entendus, à un prédateur sexuel. « Les valeurs de dignité et de probité qui ont construit ma vie d’homme sont radicalement étrangères à ces pratiques odieuses », affirme-t-il. Il assure que s’il avait su, il aurait coupé les ponts « tout net ».

Un système d’influence qui interroge

Cette affaire relance le débat sur la capacité de Jeffrey Epstein à infiltrer les cercles de pouvoir français. Si la mention d’un nom dans les dossiers ne signifie pas une complicité criminelle, elle met en lumière un système de relations où l’argent « offshore » et les paradis fiscaux semblaient monnaie courante.

Pour la jeune génération qui nous lit, cette affaire illustre surtout le décalage entre le discours public de probité et les coulisses parfois opaques de la haute diplomatie culturelle. Jack Lang se dit prêt à poursuivre en justice quiconque tiendrait des propos diffamatoires à son sujet. La bataille judiciaire ne fait peut-être que commencer.

« Quand je noue un rapport de sympathie, je n’ai pas l’habitude de demander à mon interlocuteur son casier judiciaire. Je fais confiance. » — Jack Lang.

  • Transaction : Un riad à Marrakech proposé à 5,4 millions d’euros
  • Société offshore : Prytanee LLC aux îles Vierges, co-fondée par Caroline Lang
  • Testament : 5 millions de dollars promis à la fille de Jack Lang par Epstein
  • Défense : Une rencontre via Woody Allen et une « naïveté » revendiquée

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