Le « Groupe 109 » : l’unité d’élite qui fouille vos poches
Pour traquer les fans de BTS ou de dramas sud-coréens, le régime de Kim Jong-un a déployé une unité spéciale ultra-violente : le Groupe 109. Ces agents quadrillent le pays avec une mission simple : fouiller les sacs, inspecter les téléphones et perquisitionner les domiciles sans aucun mandat. Personne n’est à l’abri de ce contrôle systématique qui vise à purger ce que le gouvernement appelle « l’idéologie pourrie qui paralyse le sens révolutionnaire ».
Le matériel de contrebande, souvent des clés USB ou des cartes mémoire venues de Chine, est lu en secret sur des « notetels », des petits ordinateurs portables faciles à dissimuler. Mais la traque est telle que le simple fait de posséder ces objets peut conduire directement devant un peloton d’exécution, notamment depuis le durcissement de la loi en 2020 contre la « pensée réactionnaire ».
« Paye ou meurs » : l’incroyable corruption du régime
L’enquête d’Amnistie Internationale révèle une injustice flagrante : en Corée du Nord, la vie a un prix, et il est très élevé. Pour échapper aux camps de travaux forcés ou à la mort après avoir été pris, les familles doivent verser des pots-de-vin colossaux aux fonctionnaires corrompus. On parle de sommes allant de 5 000 à 10 000 dollars US.
Dans un pays où la pauvreté est extrême, ce système dévaste les classes populaires. « Les gens vendent leur maison pour rassembler l’argent nécessaire et sortir des camps », explique Choi Suvin, une transfuge de 39 ans. À l’inverse, les enfants de l’élite s’en tirent souvent avec un simple avertissement grâce à leurs connexions. C’est une répression à deux vitesses : la mort pour les pauvres, l’impunité pour les riches.
« Les ouvriers regardent ouvertement, les officiels du parti fièrement, et la police en toute sécurité. Tout le monde regarde, y compris ceux qui mènent la répression », confie un témoin.
L’exécution publique comme « éducation » pour les écoliers
Pour marquer les esprits, le régime utilise la terreur dès le plus jeune âge. Des témoins racontent avoir été forcés, durant leur scolarité, d’assister à des exécutions publiques. Des dizaines de milliers de personnes sont rassemblées dans des stades pour voir des condamnés être mis à mort pour avoir diffusé des médias étrangers. L’objectif est clair : laver le cerveau de la jeunesse et montrer que le prix d’un épisode de Squid Game est une balle dans la tête.
Plusieurs sources confirment que des lycéens ont été exécutés spécifiquement pour avoir partagé la série de Netflix. En 2021, un homme a été mis à mort dans la province du Hamgyong du Nord pour avoir vendu des clés USB contenant la série. Cette paranoïa s’explique par la peur panique du régime de voir sa jeunesse s’identifier au mode de vie moderne et libre du Sud, perçu comme un « cancer vicieux » pour la survie de la dictature.
Un peuple enfermé dans une cage idéologique
Malgré les risques mortels, la curiosité culturelle ne faiblit pas. Les Nord-Coréens continuent de s’arracher des séries comme Crash Landing on You ou Descendants of the Sun. Pour Sarah Brooks, d’Amnistie Internationale, le gouvernement a placé toute la population dans une « cage idéologique », étouffant tout accès aux pensées du monde extérieur.
Aujourd’hui, l’accès à l’information est criminalisé en violation totale du droit international. Cette situation révèle un système arbitraire bâti sur la peur, où un simple moment de divertissement peut briser une famille entière. La lutte contre la culture sud-coréenne est devenue le nouveau champ de bataille d’un régime qui semble craindre les chansons de K-Pop autant que les missiles étrangers.








