Un divorce brutal et « incompréhensible »
Pour Emmanuel Mounier, le patron d’UHM, la nouvelle est tombée comme un coup de massue. Alors que les négociations pour le renouvellement du contrat étaient en cours, la filiale française de Mickey a envoyé un « courrier sec » mettant fin à l’aventure. Aucun motif n’a été fourni par la firme aux grandes oreilles pour justifier cette rupture unilatérale.
Pourtant, les voyants étaient au vert. Malgré la crise de la presse papier, les titres Disney affichaient une santé de fer avec une croissance de 2% en 2025. Chaque année, ce sont près de 2 millions d’euros de royalties qui étaient reversés à Walt Disney France.
- Titres concernés : Le Journal de Mickey, Picsou Magazine, Super Picsou Géant, Mickey Junior, Disney Princesses.
- Impact financier : 50% du chiffre d’affaires du groupe (environ 26 millions d’euros).
- Échéance finale : Le contrat prendra fin officiellement le 31 mars 2027.
Menace de plan social pour les équipes
Derrière les chiffres, c’est un drame humain qui se dessine. L’arrêt de cette licence, qui représente la moitié de l’activité du groupe, va entraîner une restructuration massive. UHM, qui emploie une centaine de collaborateurs, pourrait se séparer de la moitié de ses effectifs. Journalistes, éditeurs et graphistes, qui sont « l’âme des magazines », se retrouvent aujourd’hui dans l’incertitude la plus totale.
« C’est un désastre humain… Je n’imaginais pas une seule seconde qu’on puisse en arriver là », a confié Emmanuel Mounier, visiblement très touché par la situation.
Au-delà des salariés, ce sont aussi 150 000 abonnés fidèles qui se demandent s’ils recevront encore leurs magazines préférés dans un an. Pour l’instant, Disney garde le silence sur ses intentions futures : confier les licences à un concurrent (comme Media-Participations ou Bayard) ou arrêter définitivement la presse papier en France ?
Quel avenir pour la bande à Picsou ?
Si la perte de Mickey est un coup dur, le groupe UHM ne compte pas baisser les bras. L’éditeur possède encore des pépites dans son catalogue, comme le magazine scientifique Epsiloon ou la série pédagogique Quelle Histoire !. Il a également récupéré récemment la licence de National Geographic, montrant sa capacité à rebondir.
- Cap sur l’Edutainment : Le groupe veut se recentrer sur l’apprentissage par le jeu.
- Solidité financière : UHM reste rentable malgré cette déflagration.
- Nouveaux projets : Des investissements sont prévus pour compenser la perte du catalogue Disney.
D’ici mars 2027, les fans de Donald et Dingo pourront continuer à dévorer leurs BD en kiosque. Mais après cette date, c’est le grand flou. Disney semble vouloir reprendre le contrôle total de son image, quitte à sacrifier des institutions centenaires du paysage médiatique français.








