Un tragique accident au cœur du massif du Karakoram
Le drame s’est produit ce mercredi 24 juin 2026 alors que Guillaume Pierrel participait à une expédition technique de haut niveau sur le K6. Ce sommet particulièrement exigeant culmine à 7 282 mètres d’altitude, dans la région montagneuse du nord du Pakistan.
Selon les premières informations relayées par le média local Pamir Times, une avalanche massive constituée de neige et de blocs rocheux s’est déclenchée durant l’ascension, emportant le grimpeur français. Ses compagnons de cordée, le guide français Boris Langenstein et la skieuse de pente raide canadienne Christina Lustenberger, progressaient à ses côtés mais ont miraculeusement survécu à la catastrophe.
« Gee » Pierrel, l’expert de l’ombre derrière le phénomène Kaïzen
Si la communauté des montagnards connaissait ses exploits depuis longtemps, le très grand public l’avait découvert en 2024. Guillaume Pierrel tenait un rôle marquant dans le documentaire « Kaïzen », qui retraçait le défi fou où Inoxtag grimpe le mont Everest pour décrocher son propre sommet.
- Un entraînement intensif : Il avait partagé de nombreuses ascensions de préparation avec le jeune créateur de contenu.
- Une expertise cruciale : Sa maîtrise technique des très hautes altitudes a permis de sécuriser le parcours initiatique d’Inoxtag.
- Un succès planétaire : Le projet a passionné la génération internet, cumulant près de 50 millions de vues sur YouTube.
L’hommage vibrant d’Inoxtag et de ses proches
Dès l’annonce de la terrible nouvelle, Inès (Inoxtag) a pris la parole sur ses réseaux sociaux pour exprimer son immense tristesse et saluer la mémoire de celui qu’il surnommait affectueusement « Gee ».
« Horrible nouvelle ce matin en apprenant le décès de Gee Pierrel, il m’avait accompagné sur plusieurs ascensions pendant ma préparation pour l’Everest. La montagne l’a emporté hier. Grosse pensée à sa famille. C’était un super gars, passionné de la nature et la montagne. Faites attention à vous, la montagne est aussi merveilleuse qu’elle est dangereuse. »
Le photographe et cinéaste Mathis Dumas, qui faisait également partie de l’aventure himalayenne, a partagé un message poignant sous un cliché souvenir pris au Népal. Il retient de son ami « son sourire, son énergie et tous ces souvenirs partagés », rappelant que sa trace restera gravée bien au-delà des sommets.
Un CV exceptionnel et une référence du ski de pente raide
Originaire de La Bresse dans les Vosges, Guillaume Pierrel avait naturellement posé ses valises à Chamonix, la capitale mondiale de l’alpinisme. Au-delà de sa collaboration avec les stars du web, l’homme était un athlète d’exception, guide, skieur émérite et réalisateur de films de montagne.
Son palmarès forçait le respect de ses pairs. À seulement 40 ans, le Vosgien avait déjà bouclé l’ascension des 82 sommets alpins de plus de 4 000 mètres d’altitude et dompté les trois grandes faces nord des Alpes. Grand spécialiste de la verticalité, il s’était illustré en réalisant des descentes extrêmes à skis sur le Gasherbrum II (Pakistan, plus de 8 000 m) ainsi que sur le mont Robson dans les Rocheuses canadiennes.
Le média spécialisé Alpine Mag rappelle qu’il s’était imposé en seulement quelques années comme l’une des figures les plus marquantes et inspirantes du ski de pente raide français. Sa disparition laisse un grand vide au sein de la communauté des passionnés d’altitude.







