« Pepsi présente Wireless » : c’est terminé
Le choc est d’autant plus brutal que Pepsi n’était pas un simple partenaire de passage. La marque de soda était le sponsor principal de l’événement, au point que le slogan officiel était carrément « Pepsi présente Wireless ». Mais face à la polémique entourant le rappeur de 48 ans, la firme a préféré couper les ponts immédiatement.
Dans la foulée, c’est le groupe Diageo qui a annoncé son retrait. Pour le festival, cela signifie la perte de deux marques mastodontes présentes sur tous les bars du site :
- Le whisky Johnnie Walker
- Le rhum Captain Morgan
« Nous avons informé les organisateurs de nos préoccupations et, en l’état actuel des choses, Diageo ne parrainera pas le festival Wireless 2026. »
Le gouvernement britannique s’en mêle
Si les marques s’enfuient, c’est que la pression politique est devenue intenable. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a publiquement exprimé son inquiétude. Pour lui, programmer un artiste ayant multiplié les dérapages antisémites et les références nazies est un signal catastrophique.
La tension est montée d’un cran ce week-end avec des déclarations chocs des leaders politiques :
- Ed Davey (Libéraux-démocrates) demande au gouvernement d’interdire purement et simplement l’entrée de Ye sur le territoire britannique.
- Kemi Badenoch (Conservateurs) martèle qu’il ne faut pas offrir de plateforme à ceux qui incitent à la haine.
- Nigel Farage (Reform UK) a été plus expéditif : « Personnellement, je n’achèterais pas de billet. »
Le Home Office (ministère de l’Intérieur) a précisé qu’aucune demande de visa n’avait encore été déposée par le rappeur, laissant planer le doute sur sa présence réelle à Finsbury Park en juillet prochain.
Kanye West : un retour impossible ?
Pourtant, Ye tente un énième « comeback ». Après avoir publié une lettre d’excuses en janvier dernier dans le Wall Street Journal, il a récemment rempli le SoFi Stadium de Los Angeles pour la sortie de son album Bully. Ses fans semblent prêts à pardonner, mais les institutions et les annonceurs, eux, ont la mémoire longue.
Le passif du rappeur pèse lourd dans la balance. Entre ses propos admiratifs sur Adolf Hitler et la mise en vente de t-shirts ornés de croix gammées en 2025, le malaise est profond. À Londres, ce climat est d’autant plus électrique que les actes antisémites ont bondi ces derniers mois, incluant l’incendie criminel d’ambulances d’un service communautaire juif ce samedi.
« L’antisémitisme, sous quelque forme que ce soit, est odieux et doit être combattu clairement et fermement partout où il se manifeste. » – Keir Starmer
Pour l’instant, le site officiel du festival affiche un message d’erreur « Il n’y a rien à voir ici » sur la page dédiée aux partenaires. Avec environ 150 000 festivaliers attendus, les organisateurs se retrouvent face à un dilemme financier et éthique colossal : maintenir l’icône controversée au risque de perdre tous leurs financements, ou annuler la star et décevoir une partie du public.








