Incarcération immédiate pour l’auteur de « La Kiffance »
C’est un véritable séisme pour le rap français. Nabil Boukhobza, alias Naps, ne dormira pas chez lui ce soir. La cour a assorti sa peine d’un mandat de dépôt, ce qui signifie que l’artiste de 40 ans a été mené directement en cellule dès la fin de l’audience. Malgré ses dénégations constantes, les juges ont suivi les réquisitions du parquet.
L’affaire remonte à octobre 2021. Une jeune femme de 20 ans accusait le rappeur de l’avoir violée dans une chambre d’hôtel parisienne alors qu’elle s’était endormie après une soirée arrosée. Pour la cour, les éléments sont clairs : il y a eu « pénétration sexuelle, en force et par surprise », confirmée par des expertises psychologiques montrant un stress post-traumatique sévère chez la victime.
- La peine : 7 ans de prison ferme.
- Mandat de dépôt : exécution immédiate de la peine.
- Fijais : inscription automatique au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.
- Inéligibilité : une peine de 7 ans d’inéligibilité a également été prononcée.
« Je n’ai jamais eu l’intention de violer qui que ce soit. Vous avez mon avenir entre vos mains », avait déclaré Naps d’une petite voix juste avant que la cour ne se retire pour délibérer.
Un procès sous haute tension
Pendant quatre jours, les débats ont opposé deux versions irréconciliables. D’un côté, une plaignante dont la parole a été jugée « précise et circonstanciée » par l’avocate générale. De l’autre, un rappeur qui s’est entêté à affirmer que le rapport était consenti et que la jeune femme avait « les yeux ouverts » pendant l’acte.
L’avocat de Naps, Me Nabil Boudi, a fustigé une décision qu’il juge « incompréhensible ». La défense a d’ailleurs immédiatement annoncé son intention de faire appel. Pour les avocats du rappeur, le dossier repose sur des zones d’ombre et des contradictions des témoins présents dans la chambre cette nuit-là.
- Le délibéré a duré plus de quatre heures.
- La victime a fondu en larmes de soulagement à l’annonce du verdict.
- Naps a craqué et pleuré pour la première fois juste avant la sentence.
Une ombre au tableau : une autre mise en examen
Si ce verdict marque une étape majeure, les ennuis judiciaires de l’interprète de « Best Life » sont loin d’être terminés. Naps est également mis en examen pour un autre viol présumé qui se serait déroulé en août 2024, à Saint-Cyr-sur-Mer, dans des circonstances très similaires.
À l’époque de ces seconds faits présumés, le rappeur était déjà sous contrôle judiciaire pour l’affaire parisienne qui vient d’être jugée. Cette réitération potentielle a pesé dans les débations, le parquet soulignant un « risque de réitération » qui demeure chez l’accusé.
Pour le moment, Naps prépare sa riposte depuis sa cellule. Un deuxième procès aura lieu en appel dans les prochains mois. D’ici là, la carrière de celui qui dominait les charts est totalement à l’arrêt.








