Naps, MHD, Maes, Koba LaD ces stars du rap français en prison

Le rap français n’a jamais autant dominé les charts, mais il n’a jamais été aussi présent dans les colonnes des faits divers. Les rappeurs en prison se comptent désormais par dizaines, transformant le « game » en un véritable dossier judiciaire à ciel ouvert.
rappeur français prison

Naps : La chute brutale de l’ambianceur marseillais

C’est le dernier séisme en date qui secoue l’industrie. Nabil Boukhobza, alias Naps, celui qui nous faisait danser sur « La Kiffance », vient de voir sa vie basculer le 19 février dernier. La cour criminelle de Paris l’a condamné à sept ans de prison ferme pour viol, avec un mandat de dépôt immédiat.

Le choc est total pour ses fans, d’autant que l’artiste semblait presque s’être résigné à ce destin tragique lors de son procès. Une attitude qui illustre une certaine déconnexion entre le succès fulgurant et la réalité des actes commis.

« Si ma carrière s’arrête maintenant, je m’en fous », a lâché Naps devant les juges, marquant la fin d’une époque pour le membre du collectif 13’Organisé.

MHD, Maes, Koba LaD : Une liste qui ne finit plus de s’allonger

Naps n’est malheureusement qu’un nom de plus sur une liste qui donne le vertige. Le rap français semble pris dans un engrenage où la rue finit toujours par rattraper la lumière des projecteurs. Voici les dossiers qui saturent actuellement les tribunaux :

  • MHD : Le pionnier de l’Afro-trap a été condamné pour un meurtre lié à une rixe entre bandes rivales à Paris.
  • Maes : Le rappeur de Sevran est actuellement incarcéré à Tanger, au Maroc, loin de ses studios habituels.
  • Koba LaD : Déjà bien connu des services de police, il est aujourd’hui cité dans des dossiers complexes liés au grand banditisme, notamment le groupe BMF.
  • Zola : Le jeune artiste a récemment été rattrapé par des accusations de séquestration et de violences aggravées.

Le crime organisé s’invite dans la cabine de studio

Pourquoi une telle hécatombe ? Selon une note des autorités récupérée par Le Point, les connexions entre le rap et le crime organisé n’ont jamais été aussi étroites. Le rap brasse des millions, et cet argent attire les convoitises du grand banditisme. Blanchiment, racket, règlements de comptes… La frontière entre l’image de « bad boy » et la réalité criminelle devient poreuse.

Fred Musa, l’animateur star de Skyrock, ne mâche pas ses mots face à cette situation qui ternit l’image d’un genre musical pourtant devenu le plus écouté de France.

« Les rappeurs sont parfois leurs propres fossoyeurs », analyse Fred Musa, pointant du doigt une autodestruction qui rappelle les heures les plus sombres du rap américain.

De Booba à Rohff, en passant par Lacrim ou Joey Starr, la prison a souvent été une étape dans le parcours des rappeurs. Mais aujourd’hui, les motifs semblent plus lourds, plus graves. On ne parle plus seulement de stupéfiants ou de bagarres, mais de crimes de sang et d’agressions sexuelles.

Une culture de la rue trop réelle ?

Pour beaucoup de ces artistes, le passage par la case prison est presque anticipé, voire mis en scène dans les textes. Pourtant, la réalité du mandat de dépôt est bien moins glorieuse que les clips à gros budget. Entre les murs, le streaming ne compte plus et les carrières se brisent net, laissant des labels et des fans dans l’incompréhension.

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