Procès des streamers Naruto et Safine : 30 mois de prison requis, dont 18 ferme

La justice a tranché ce mardi 7 juillet à Nice : contre les streamers Naruto et Safine, jugés pour des violences en ligne répétées, le parquet a requis de la prison et une interdiction définitive des plateformes.
Naruto safine prison

Un « système de maltraitance » jugé au tribunal

Pendant des mois, les lives de Naruto et Safine sur la plateforme Kick ont fait des millions de vues. Derrière l’écran, le concept était clair : humilier Jean Pormanove (Raphaël Graven) et Stéphane G., alias « Coudoux ». Coups de batte, projectiles, insultes et privations étaient devenus le « scénario » quotidien de leurs diffusions.

La procureure Maud Marty a été très ferme lors de son réquisitoire, refusant de voir ces actes comme de simples dérapages :

« C’est un système de maltraitance humaine, pas un dérapage ou une provocation. Les violences sont le programme, elles font le scénario. »

Les réquisitions tombent

Le tribunal a dû se pencher sur des années de violences en réunion, abus de faiblesse et diffusion d’images humiliantes. Voici ce qui est demandé pour les deux créateurs de contenus :

  • Naruto (Owen C., 27 ans) : 30 mois de prison, dont 12 mois ferme sous bracelet électronique, et 30 000 euros d’amende.
  • Safine (Safine H., 24 ans) : 18 mois de prison avec sursis probatoire et 15 000 euros d’amende.

Au-delà de la prison, le parquet a frappé fort en demandant un « bannissement numérique ». Cette peine, issue de la loi SREN de 2024, viserait à interdire aux deux hommes toute publication sur les plateformes en ligne à vie.

L’ombre de la mort de Jean Pormanove

Il est important de noter que ce procès ne porte pas sur le décès de Raphaël Graven en août 2025. Comme nous l’avions rapporté, l’enquête sur sa mort a été classée sans suite en février, l’autopsie ayant écarté l’intervention d’un tiers.

Si la défense, par la voix de Me Fabien Carles, a tenté de minimiser les faits en parlant de « pichenettes » et de « délires » entre potes, le tribunal a insisté sur la dangerosité d’un modèle économique bâti sur le mépris et la douleur d’autrui.

Le délibéré est attendu pour le 5 août prochain à 13h30. Pour les victimes comme pour le public, ce procès marque un tournant dans la régulation des dérives des plateformes de streaming.

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