Procès JoeyStarr vs Sébastien Farran : 80 000€ d’amende requis contre l’ex-manager

C’est l’épilogue judiciaire d’une bromance qui a marqué l’histoire du rap français. Vendredi, JoeyStarr et son ancien manager historique, Sébastien Farran, se sont affrontés à la barre. Entre accusations d’escroquerie et rancœur tenace, le « Jaguar » n’a pas mâché ses mots.
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« Monsieur s’occupait de tout » : la confiance aveugle trahie ?

Dans la salle d’audience, l’ambiance était électrique. D’un côté, JoeyStarr, figure tutélaire de NTM. De l’autre, Sébastien Farran, celui qu’on surnommait jadis « Terror Seb », l’homme de l’ombre qui a propulsé le groupe au sommet avant de manager Johnny Hallyday.

Le rappeur dépeint un système où il était dépossédé de tout contrôle. « Monsieur s’occupait de tout », a-t-il martelé, expliquant avoir eu une « confiance absolue » en son ami, doublée d’une « aversion pour les chiffres ». C’est cette faille que Farran aurait exploitée au milieu des années 2010, selon l’accusation.

Au cœur du dossier : des fausses signatures sur des contrats et des chèques émis depuis le compte de l’artiste vers celui de la société de Farran. Des faits que l’ex-manager ne nie pas techniquement (« On signait absolument tout pour M. Morville, il ne signait rien »), mais qu’il justifie par le mode de vie de la star.

« Je me faisais fumer » vs « Je ne l’ai pas lâché »

C’est parole contre parole. Sébastien Farran se défend en expliquant qu’il gérait le « quotidien » dispendieux de l’artiste : courses, loyers, pensions alimentaires… Il affirme avoir soutenu JoeyStarr même quand les tournées étaient annulées à cause de ses déboires judiciaires.

Mais pour JoeyStarr, le bilan est amer : « Je me faisais fumer », lance-t-il à la barre. Il décrit une relation toxique où il était payé « de la main à la main » sans comprendre les flux financiers, pendant que son manager se serait « carrément servi ».

« J’ai passé 25 ans de ma vie avec lui, j’ai tout fait pour lui », plaide Farran. « Y compris m’enfumer correctement », réplique JoeyStarr du tac au tac.

Un monde ancien qui s’écroule

Le procureur a souligné le choc de deux époques. Celle d’un « monde ancien » du rap où les artistes affichaient un désintérêt total pour l’argent, laissant les clés du coffre à des tiers sans aucun contrôle. Une gestion « acrobatique » qui se termine aujourd’hui devant les juges.

Depuis leur rupture professionnelle en 2014, JoeyStarr assure vivre mieux : « Je n’ai plus de contrôle fiscal ». Le parquet a requis une amende de 80 000 euros (dont 25 000 avec sursis) contre Sébastien Farran pour escroquerie et complicité de faux. La justice rendra sa décision le 23 février prochain.

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