L’horreur AliExpress : 250 fois le même prénom
Entre 2020 et 2021, le quotidien de Joke bascule dans un cauchemar méthodique. Son ex-conjoint fait l’acquisition d’une machine à tatouer sur la plateforme chinoise AliExpress. Son objectif est aussi simple qu’effrayant : recouvrir chaque zone de peau de Joke ayant été « touchée » par un autre homme par le passé.
Le résultat est une agression visuelle sans précédent. Près de 90 % de son corps, incluant son visage, sa poitrine et ses fesses, finit par disparaître sous l’encre. Au total, le prénom « Hans » est inscrit plus de 250 fois, faisant de la quinquagénaire la « propriété » gravée d’un bourreau.
- Emprise totale : Joke vivait dans une peur constante, incapable de se défendre face aux intimidations.
- Addiction forcée : Pour supporter la douleur physique et morale, elle s’était réfugiée dans l’alcool et les médicaments.
- Visage marqué : Une large partie de ses traits était masquée par le nom de son agresseur.
« Je ne savais plus où donner de la tête… le nom de son ex-compagnon était partout », confie Andy Han, le spécialiste du détatouage qui a pris en charge Joke à Rotterdam.
Le prix de la liberté : un combat à 30 000 euros
Si Hans a utilisé une machine à bas coût pour détruire la peau de Joke, le chemin inverse est un gouffre financier. Selon les experts de la fondation Spijt van Tattoo (Le regret du tatouage), retirer un dessin au laser coûte environ dix fois plus cher que sa réalisation.
Pour Joke, la facture totale de sa reconstruction est estimée à 30 000 euros. Face à cette somme astronomique, une campagne de financement participatif a été lancée sur GoFundMe. La solidarité a été immédiate : en quelques jours seulement, plus de 21 000 euros ont été récoltés pour permettre à Joke de « faire table rase du passé ».
Une « épidémie » de tatouages sous contrainte
Joke n’est malheureusement pas un cas isolé. En devenant l’égérie de cette campagne lancée ce 6 avril 2026, elle met en lumière un phénomène de société largement occulté aux Pays-Bas. On compte plus de 350 femmes sur liste d’attente, toutes victimes de tatouages réalisés sous la pression ou la manipulation émotionnelle.
- La justice hésite : L’ex-compagnon affirme que Joke était consentante, un argument classique dans les dossiers d’emprise.
- Qualification pénale : Le parquet de Rotterdam précise que tatouer sous la contrainte peut être puni comme des « lésions corporelles graves » ou des « coups et blessures ».
- Séquelles invisibles : Si le laser efface l’encre, le traumatisme psychologique reste, lui, profondément ancré.
« Quand on est profondément touché, on peut aussi se relever. Si j’y arrive, quelqu’un d’autre peut y arriver aussi », témoigne Joke avec force.








