Un coup de frein généralisé
On ne va pas se mentir, l’ambiance est à la prudence dans les bureaux de RH. Avec 2,27 millions de projets de recrutement prévus pour 2026, on est loin de l’euphorie de 2023. Cette baisse de régime touche quasiment tous les secteurs, mais certains prennent plus cher que d’autres.
Le numérique et les télécoms affichent une chute vertigineuse de 25 %, suivis de près par la construction (-16 %). Pourquoi une telle frilosité ? Le manque de visibilité économique et la difficulté pour les patrons de se projeter dans l’avenir semblent être les principaux coupables.
Pourtant, tout n’est pas noir. Si vous cherchez du taf, voici les secteurs qui font de la résistance :
- La santé et le social : C’est le grand gagnant avec une hausse de 0,8 % des intentions d’embauche.
- L’industrie : Elle résiste mieux que prévu avec un léger repli de seulement 2 %.
- L’énergie et les déchets : Un secteur en pleine explosion avec des projets d’embauche qui bondissent de 24,8 %.
Le règne du contrat court
C’est la grosse tendance de 2026 : la part des CDI dégringole à 41 % (contre 44 % l’an dernier). À l’inverse, les contrats de moins de six mois explosent pour représenter 42 % des intentions d’embauche. Clairement, les entreprises préfèrent tester avant de s’engager ou répondre à des besoins très ponctuels.
« On est dans une période où la confiance et la visibilité dans l’avenir n’est pas toujours simple pour que les chefs d’entreprise puissent se projeter. » — Thibaut Guilluy, DG de France Travail.
Le motif numéro 1 des recrutements reste le surcroît d’activité ponctuel (41 %), loin devant le remplacement des départs à la retraite (26 %). En gros, on embauche pour éteindre des incendies ou gérer des pics de commande plutôt que pour construire des équipes sur le long terme.
Les bons plans pour ceux qui veulent bouger
La bonne nouvelle dans ce marasme ? Il est paradoxalement plus facile de se faire recruter. Comme il y a moins d’offres, les entreprises galèrent un peu moins à trouver des candidats, mais elles restent prêtes à faire des concessions. En 2025, 74 % des recruteurs ont accepté des profils moins expérimentés.
Si vous êtes prêts à bouger ou à changer d’air, voici où ça se passe :
- Côté géographie : L’Île-de-France reste la locomotive avec 388 810 projets, suivie de près par Auvergne-Rhône-Alpes et la Nouvelle-Aquitaine.
- Côté métiers : On s’arrache les aides de cuisine, les serveurs et les ouvriers agricoles. Attention toutefois, dans ces métiers, la part de saisonniers est massive (jusqu’à 95 % pour les viticulteurs).
- Côté reconversion : L’industrie recherche désespérément des chaudronniers ou des bouchers. Si vous avez la motivation, les employeurs sont prêts à vous former de A à Z.
Le marché de 2026 est clairement un marché de « niche » et d’opportunités ciblées. La visibilité est réduite, mais pour ceux qui acceptent de sortir des sentiers battus (hello l’industrie et la santé), les portes restent grandes ouvertes.
















