1. Le Smic passe la barre des 1 440 euros nets
C’est la nouvelle la plus attendue par près de 3 millions de salariés. Au 1er janvier 2026, le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) a été revalorisé de 1,18 %. Cette hausse est purement mécanique, basée sur l’inflation et l’évolution des salaires, sans « coup de pouce » supplémentaire du gouvernement cette année.
Concrètement, qu’est-ce que ça change sur votre virement bancaire à la fin du mois ?
- Smic horaire brut : il passe de 11,88 € à 12,02 €.
- Smic mensuel brut : pour un temps plein (35h), il atteint 1 823,03 € (soit +21,23 € par rapport à 2025).
- Smic mensuel net : le montant qui arrive dans votre poche est désormais d’environ 1 443,11 €.
Attention, si vous travaillez à Mayotte, les montants diffèrent : le Smic horaire brut y est fixé à 9,33 € et le mensuel brut à 1 415,05 €.
2. Rupture conventionnelle : ça va coûter plus cher aux patrons
C’est une mesure qui pourrait refroidir certaines entreprises au moment de négocier votre départ. Depuis le 1er janvier 2026, le coût d’une rupture conventionnelle augmente pour l’employeur. Le gouvernement a décidé de relever la contribution patronale sur les indemnités de rupture.
Le taux de cette contribution passe de 30 % à 40 % sur la part de l’indemnité exonérée de cotisations sociales. L’objectif affiché est clair : dissuader les entreprises d’utiliser abusivement ce dispositif, souvent perçu comme une alternative facile au licenciement, et les inciter à garder les salariés seniors en emploi. Si cela ne change pas directement le montant de votre chèque de départ, cela pourrait rendre les négociations plus serrées si votre employeur cherche à limiter ses coûts.
3. Apprentissage : fin de la fête pour les grandes entreprises
Après des années de soutien massif et inconditionnel à l’apprentissage, l’État serre la vis budgétaire. Les règles d’attribution de l’aide à l’embauche d’un alternant changent radicalement en 2026.
Désormais, l’aide de 6 000 euros n’est plus automatique pour tout le monde. Elle est réservée aux entreprises de moins de 250 salariés et uniquement pour les contrats préparant à un diplôme ne dépassant pas le niveau Bac (niveau 3 et 4). Concrètement, si vous visez un Master ou une Licence Pro dans une grande entreprise, votre employeur ne touchera plus cette prime pour vous recruter.
Une exception demeure : l’aide de 6 000 euros est maintenue, sans condition de diplôme, pour le recrutement d’apprentis en situation de handicap.
4. Retraites : une petite revalorisation pour suivre l’inflation
Pour les retraités, le début d’année s’accompagne d’une légère augmentation des pensions de base. Elles ont été revalorisées de 0,9 % au 1er janvier, pour s’aligner sur l’inflation constatée.
Le minimum contributif (MICO), qui garantit un niveau de retraite plancher pour ceux qui ont cotisé toute leur vie sur de petits salaires, augmente un peu plus vite (+1,18 %, calé sur le Smic). Il atteint désormais :
- 756,29 € par mois pour le MICO non majoré.
- 903,93 € par mois pour le MICO majoré (si vous avez au moins 120 trimestres cotisés).
5. Reconversion : un nouveau CDD pour changer de vie
Vous rêvez de changer de métier mais vous avez peur de lâcher votre CDI ? Un nouveau dispositif expérimental entre en vigueur pour faciliter les transitions professionnelles : le CDD de reconversion.
Ce contrat permet à un salarié de se faire embaucher temporairement par une autre entreprise pour apprendre un nouveau métier, tout en gardant son contrat initial suspendu. D’une durée de 6 à 12 mois (parfois jusqu’à 36 mois), ce CDD alterne périodes de formation et travail en entreprise. Si l’expérience est concluante, vous pouvez basculer vers votre nouvelle carrière. Si ça ne matche pas, vous pouvez retrouver votre poste initial. C’est une sorte de filet de sécurité pour oser sauter le pas.
En contrepartie, le dispositif « Pro-A » (reconversion ou promotion par alternance), jugé trop complexe, est supprimé.
6. Stagiaires : une gratification en hausse
Petite bonne nouvelle pour les étudiants en stage de plus de deux mois. La gratification minimale obligatoire augmente, suivant la hausse du plafond de la Sécurité sociale. Elle passe de 4,35 € à 4,50 € de l’heure.
Pour un mois complet à temps plein (environ 151 heures), cela représente une gratification mensuelle minimale d’environ 682 €. Ce n’est pas encore un salaire, mais c’est toujours quelques dizaines d’euros de plus pour payer les courses.
7. Congé de naissance : il faudra attendre l’été
C’était l’une des grandes annonces sociales : la création d’un « congé de naissance » mieux rémunéré pour remplacer le congé parental actuel, souvent jugé trop long et mal payé. Initialement espéré pour début 2026, il ne verra pas le jour en janvier.
Le gouvernement a repoussé son entrée en vigueur au 1er juillet 2026, invoquant des délais techniques de mise en place. Ce nouveau congé devrait permettre aux deux parents de s’arrêter pour s’occuper de leur enfant avec une indemnisation plus attractive (proportionnelle au salaire), mais sur une durée plus courte. Il faudra donc encore un peu de patience pour les futurs parents.
Ce qui change pour votre argent en 2026
| Mesure | Ancien montant (2025) | Nouveau montant (Janvier 2026) | Pour qui ? |
|---|---|---|---|
| Smic net mensuel | ~1 426 € | ~1 443 € | Salariés au Smic |
| Gratification stage | 4,35 € / heure | 4,50 € / heure | Stagiaires (+2 mois) |
| Coût rupture conventionnelle | 30 % (taxe employeur) | 40 % (taxe employeur) | Employeurs |
| Aide apprentissage | 6 000 € (pour tous) | 6 000 € (PME < 250 sal. & niveau Bac max) | Entreprises |
















