Galileo : 40 % du chiffre d’affaires dépend du public, un rapport pointe des risques structurels

Le groupe Galileo Global Education est sous le feu des projecteurs suite à la publication d’un rapport cinglant des inspections générales (IGAS et IGÉSR). Entre rentabilité impressionnante et dépendance aux aides de l’État, le modèle des grands groupes de l’enseignement supérieur privé est en pleine tourmente.
galileo fonds public

Apprentissage : le carburant de la croissance

Depuis la réforme de 2018, le paysage de l’enseignement supérieur a radicalement changé. En facilitant l’accès à l’apprentissage, la loi a ouvert une voie royale aux groupes privés. Pour Galileo, leader du secteur, cette dynamique a été plus qu’efficace : elle a été le moteur principal de son expansion.

  • La part des apprentis chez Galileo a été multipliée par six depuis 2019.
  • Aujourd’hui, 46 % des étudiants du groupe sont en alternance, contre seulement 25 % dans le reste de l’enseignement supérieur.

Une dépendance financière inquiétante ?

Le rapport souligne une réalité chiffrée qui interpelle : les financements publics représentent une part majeure du chiffre d’affaires de ces entreprises. Pour Galileo, ces fonds d’État pèsent environ 40 % du chiffre d’affaires, tandis que ce chiffre grimpe jusqu’à 67 % pour le groupe Collège de Paris.

« Cette manne a abondé des établissements qui posent parfois problème en matière de qualité des formations ou de gestion financière. »

Quels sont les risques pour les étudiants ?

Si la croissance externe est rapide, elle s’accompagne de fragilités. Le rapport met en lumière des dérives concrètes qui touchent directement les étudiants. Dans un secteur où l’on se demande souvent qui contrôle réellement l’avenir de l’enseignement privé, la question de la qualité devient centrale.

  • Qualité pédagogique : Certains établissements sont pointés du doigt pour des enseignements jugés insuffisants ou peu coordonnés.
  • Fragilité économique : La course à la rentabilité et l’endettement exposent certains groupes à des risques de faillite.

Le cas récent du Digital College, appartenant au groupe Collège de Paris, illustre parfaitement ces dangers : 3 000 étudiants se sont retrouvés sans école en pleine année universitaire suite à une mise en liquidation judiciaire.

La réponse de Galileo

Face à ces critiques, le groupe Galileo reste sur ses positions. La direction insiste sur le fait qu’il s’agit d’un « bon emploi des fonds publics ». Pour l’entreprise, ces ressources sont le levier nécessaire pour offrir une formation professionnalisante à des milliers de jeunes, répondant ainsi à une demande que le secteur public ne parvient parfois pas à absorber seul.

L’État doit-il reprendre la main ?

Les auteurs du rapport ne demandent pas la fin du privé, mais une régulation beaucoup plus stricte. L’objectif est clair : éviter que l’argent des contribuables ne serve à alimenter des structures aux modèles économiques instables. Parmi les 32 propositions formulées, on retrouve un meilleur contrôle de la qualité pédagogique et une surveillance accrue des flux financiers entre les écoles et leurs actionnaires.

Actualités

A la recherche d'un établissement ?

Laissez-vous séduire par notre sélection des meilleures écoles près de chez vous !

Les formations à la une

Acquisition > Newsletter : Sidebar