Parcoursup : 136 000 candidats sans affectation en juillet 2025

Chaque été, Parcoursup rythme la vie de milliers de jeunes et de leurs familles. En 2025, la plateforme a franchi un seuil inédit : au 10 juillet, plus de 136 000 candidats n’avaient toujours pas reçu de proposition d’admission. Une situation qui alimente le stress et soulève de nombreuses critiques sur l’efficacité du dispositif.
étudiants attente parcoursup 2025

Des chiffres records qui interpellent

Cette année, près de 980 000 candidats se sont inscrits sur la plateforme, dont environ 650 000 lycéens de terminale. Si plus de 2,6 millions de propositions ont été envoyées, une part importante de jeunes reste encore en attente à l’approche de la rentrée.

IndicateurDonnées 2025
Candidats inscrits980 000 (dont 650 000 lycéens)
Propositions envoyées2,67 millions
Part des candidats ayant reçu une proposition début juin66 %
Candidats sans proposition au 10 juillet136 000 (dont plus de 50 000 lycéens)

Ces chiffres traduisent un paradoxe : même avec un volume massif de propositions, des dizaines de milliers de jeunes restent sans affectation. Parmi eux, beaucoup de candidats en réorientation ou venus de l’étranger, profils souvent plus fragilisés par la procédure.

Un calendrier serré et stressant

La mécanique Parcoursup est bien connue, mais son rythme rapide reste difficile à vivre. Les phases d’inscription, de validation et surtout d’admission créent un climat d’incertitude, qui coïncide souvent avec les épreuves du baccalauréat.

Le déroulé de la procédure 2025

  • Décembre à mi-mars : inscription et formulation des vœux.
  • Avril : validation et complétion des dossiers.
  • Fin mai à début juillet : phase principale d’admission avec des réponses quotidiennes.
  • Jusqu’au 11 septembre : phase complémentaire pour formuler jusqu’à 10 nouveaux vœux.

Dans les faits, cette mécanique laisse beaucoup de jeunes dans l’attente pendant l’été. Les listes d’attente, qui évoluent chaque jour, entretiennent un espoir parfois vain et rendent difficile la projection vers la rentrée.

Des témoignages d’attente interminable

Derrière les statistiques, il y a des parcours personnels marqués par le stress. Ange, 17 ans, raconte son été passé à surveiller sa place sur liste d’attente :

« J’étais premier sur la liste pour La Rochelle depuis fin juin, mais ça n’a plus bougé. J’ai fini par accepter une place à Angoulême, faute de mieux. »

Comme lui, beaucoup d’étudiants se retrouvent dans un entre-deux : sécuriser une formation par défaut tout en espérant une place dans leur vœu préféré. Mais les délais serrés pour trouver un logement ou organiser un déménagement transforment l’attente en véritable course contre la montre.

Un système critiqué de toutes parts

Les difficultés récurrentes de Parcoursup nourrissent les critiques. Claire Hédon, Défenseure des droits, a récemment dénoncé dans un rapport une organisation « peu lisible et inégalitaire ». Les principaux reproches portent sur :

  • le manque de clarté du fonctionnement de la plateforme ;
  • l’insuffisance de professionnels de l’orientation disponibles pour accompagner les élèves ;
  • la formation limitée des enseignants à l’accompagnement des choix ;
  • l’absence d’heures dédiées à l’orientation dans les emplois du temps ;
  • des inégalités sociales et territoriales fortes dans l’accès aux formations sélectives.

Ces constats rappellent que l’orientation ne peut pas reposer uniquement sur un algorithme. Un suivi humain reste essentiel pour aider les jeunes à construire un projet solide et réaliste.

La phase complémentaire, dernier espoir

Pour les 136 000 candidats encore sans affectation en juillet, la phase complémentaire apparaît comme une bouée de secours. Jusqu’au 11 septembre, chacun peut formuler jusqu’à dix nouveaux vœux dans des formations où des places restent vacantes. Mais cette solution reste limitée : les choix sont souvent réduits et l’incertitude demeure jusqu’aux derniers jours de l’été.

Un été sous tension pour les familles

Le poids psychologique de cette attente est considérable. Des parents témoignent de leurs étés passés à rafraîchir compulsivement la plateforme chaque matin, espérant un désistement salvateur. Une mère confie :

« Tous les jours, on se disait que ça allait tomber. Mon fils était premier sur liste d’attente, mais rien n’a bougé. L’incertitude a gâché nos vacances. »

Cette tension souligne le besoin d’un système plus lisible et plus prévisible, pour éviter que des jeunes se retrouvent bloqués dans une attente interminable, parfois jusqu’à la rentrée.

Une réforme nécessaire ?

Face à ces constats, plusieurs pistes reviennent régulièrement : mieux informer les candidats, renforcer l’accompagnement par des conseillers d’orientation, adapter le calendrier pour éviter la collision avec le bac et limiter les listes d’attente trop longues.

Pour beaucoup, la question dépasse la seule technique : c’est l’avenir de l’orientation scolaire en France qui est en jeu. Les critiques invitent à repenser un système où chaque jeune peut trouver sa place sans traverser un été d’angoisse.

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