L’hécatombe des places en licence
On savait que la procédure serait stressante, mais cette année, le niveau de difficulté vient de monter d’un cran. Ce n’est pas seulement une question de notes ou de dossier : c’est mathématique. Il y a tout simplement moins de chaises musicales que l’an dernier.
Les chiffres qui remontent des campus font froid dans le dos. Prenez l’université de Lille : avec un déficit abyssal de 45 millions d’euros, l’établissement se voit contraint de supprimer 381 places pour la rentrée 2026. Et attention, on ne parle pas de filières obscures, mais bien des sciences humaines et sociales, des cursus souvent très demandés.
Même son de cloche du côté de Rouen, où l’on évoque plus de 600 places en moins. À Toulouse Capitole, c’est la licence de droit, pourtant voie royale pour beaucoup, qui réduit la voilure. C’est une première historique : les amphis ne s’agrandissent pas, ils se rétrécissent.
Pourquoi les facs ferment-elles les vannes ?
Vous vous demandez sûrement comment on en est arrivé là. C’est assez simple : les universités sont dans le rouge. Pour la première fois, 100 % des universités françaises ont voté un budget en déficit. C’est du jamais vu.
Lamri Adoui, le président de France Université, l’explique sans détour : les établissements n’ont plus le choix. Entre la hausse du point d’indice des fonctionnaires, les coûts de l’énergie et les cotisations retraites, les factures ont explosé sans que l’État ne compense intégralement ces dépenses.
Résultat ? Pour ne pas mettre la clé sous la porte, on coupe partout. On gèle des postes de profs, on décale des investissements, et inévitablement, on réduit les capacités d’accueil. L’Université Savoie Mont Blanc a même ironisé sur sa propre fermeture dans une vidéo, un rire jaune qui cache une vraie détresse.
La fin du mythe de la fac « pour tous »
Il faut briser un tabou : la licence « non sélective », c’est fini. Sur le papier, l’université est ouverte à tous. Dans la réalité de 2026, c’est une autre histoire. Quand il y a 2 000 candidats pour 500 places, peu importe comment on appelle ça, c’est de la sélection.
Cette réduction des places rend la stratégie des « vœux de sécurité » plus risquée que jamais. Vous savez, ce fameux vœu en licence que l’on met « au cas où » on n’est pas pris en prépa ou en BTS. Si tout le monde se replie sur des licences qui elles-mêmes réduisent leurs effectifs, l’embouteillage est garanti.
Les filières en tension comme STAPS, Psycho ou Droit risquent de devenir des forteresses imprenables pour les dossiers moyens. L’an dernier déjà, plus de 100 000 candidats s’étaient retrouvés sans proposition à l’issue de la phase principale. Avec moins de places disponibles, ce chiffre pourrait bien gonfler.
Comment sauver sa peau sur la plateforme ?
Face à ce tableau un peu sombre, pas de panique, mais soyez stratèges. Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier universitaire. Voici quelques pistes pour sécuriser votre avenir :
- Élargissez votre périmètre géographique : Si la fac de votre grande ville sature, regardez les antennes délocalisées ou les universités de villes moyennes (Albi, Arras, villes périphériques…) qui ont parfois plus de marge.
- Regardez les formations moins connues : Certaines licences ont des intitulés moins « sexy » mais offrent les mêmes débouchés en master. Fouillez les plaquettes.
- Ne snobez pas les BTS et BUT : Paradoxalement, certaines formations sélectives pourraient devenir plus accessibles que certaines licences surchargées.
Les vœux sont ouverts jusqu’au 12 mars. Prenez le temps d’analyser les « taux d’accès » affichés sur Parcoursup, mais gardez en tête que les chiffres de l’an dernier ne prennent pas en compte ces nouvelles coupes budgétaires. Prudence est mère de sûreté.
















