Cyberattaques Éducation nationale : deux jeunes hackers mis en examen

Ils pensaient peut-être réaliser un exploit technique, mais la réalité judiciaire les a rattrapés. Deux jeunes hommes ont été mis en examen ce jeudi pour avoir lancé des cyberattaques contre plusieurs sites de l’Éducation nationale.
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C’est une histoire qui ressemble au scénario d’une série Netflix, mais qui se termine au tribunal de Paris. En septembre 2025, les sites web des académies de La Réunion, de Reims et de Clermont-Ferrand se retrouvent sens dessus dessous. Modification des pages d’accueil, messages non sollicités : c’est ce qu’on appelle un « défaçage » dans le jargon. Une signature numérique laissée par des pirates qui voulaient marquer leur territoire.

Mais sur le web, l’anonymat est souvent une illusion. Ce mardi, l’Office anticybercriminalité (OFAC) a frappé simultanément à Caen et à Aix-en-Provence. Fin de partie.

Un duo improbable : le mineur et le récidiviste

Qui se cache derrière ces écrans ? Pas des agents secrets étrangers, mais deux jeunes Français aux profils bien distincts. Le premier n’a que 17 ans. Le second, âgé de 20 ans, était déjà connu des services de police pour des faits similaires. Un « vétéran » du clavier, en quelque sorte.

Si le parquet avait requis la détention provisoire pour le plus âgé — sans doute agacé par la récidive —, les deux compères ont finalement été laissés libres, mais placés sous un strict contrôle judiciaire. Ils ne dormiront pas en prison ce soir, mais leur liberté est désormais en sursis.

« Bande organisée » : quand la justice sort l’artillerie lourde

Ne vous y trompez pas, ce n’est pas une simple bêtise d’adolescents aux yeux de la loi. Les chefs d’accusation donnent le vertige : introduction frauduleuse, entrave à un système automatisé de données, et surtout, action en bande organisée.

Pourquoi tant de sévérité ? Parce qu’ils ont touché à l’État. S’attaquer aux systèmes de l’Éducation nationale, c’est s’attaquer à une infrastructure publique critique. La justice veut marquer le coup et rappeler que le virtuel a des conséquences bien réelles.

« Il regrette profondément »

Face au juge d’instruction, l’ambiance n’était plus à la fanfaronnade. Pour le plus jeune des deux, la prise de conscience semble brutale. Son avocate, Maître Anaïs Gallanti, décrit un adolescent dépassé par l’ampleur des événements.

À ce stade de la procédure, mon client âgé de 17 ans reconnaît les faits et les regrette profondément. Il n’a pas mesuré la portée, les conséquences et la gravité de ses actes, en raison de sa jeunesse et de son immaturité.

L’avocate a d’ailleurs réussi à obtenir un allègement de son contrôle judiciaire, plaidant l’erreur de parcours plutôt que la malice criminelle. Le jeune homme s’est dit prêt à coopérer.

Une série noire pour la cybersécurité française

Cette affaire n’est malheureusement pas isolée. Elle s’inscrit dans un contexte tendu où les « baby hackers » multiplient les coups d’éclat.

Rappelez-vous : fin décembre, un autre jeune de 22 ans était arrêté pour s’être baladé dans les serveurs du ministère de l’Intérieur. Encore plus inquiétant, le piratage récent de la Fédération française de tir a conduit au vol bien réel d’armes à feu à travers le pays.

Entre défi technique, inconscience et véritable criminalité, la frontière est parfois floue pour cette génération connectée. Mais pour ces deux-là, la leçon est claire : on ne joue pas impunément avec les serveurs de la République.

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