Vous avez l’impression de passer votre vie sur Netflix ou YouTube ? Rassurez-vous, vous êtes pile dans la tendance. Le dernier bilan annuel de Médiamétrie vient de tomber et il dessine un paysage audiovisuel en pleine mutation. Fini le temps où l’on attendait sagement 20h50 pour voir son film. Aujourd’hui, on consomme « à la carte », et surprise : ce ne sont pas seulement les jeunes qui font bouger les lignes.
Le match : Direct vs Streaming, l’écart se resserre
Si la télévision traditionnelle (ce qu’on appelle le « linéaire ») garde encore la main, sa domination s’effrite doucement mais sûrement. Sur les 4h14 de visionnage quotidien, le direct ne représente plus que 61 % du temps. Le reste ? C’est le royaume du « délinéarisé ».
Concrètement, 39 % de notre temps vidéo est désormais consacré à la consommation à la demande. Cela inclut tout : vos séries sur Disney+ ou Prime Video, le replay de « Quotidien » sur TF1+, ou encore vos sessions interminables sur YouTube et les réseaux sociaux.
Pour vous donner une idée de la vitesse du changement : en 2022, ce chiffre n’était que de 31 %. En trois ans, nos habitudes ont radicalement changé. On veut tout, tout de suite, et sur n’importe quel écran.
Scoop : vos parents sont devenus des « binge-watchers »
C’est l’enseignement le plus surprenant de cette année 2025. On a longtemps cru que le streaming était réservé à la « Gen Z » ou aux milléniaux. C’est faux. La fracture générationnelle est en train de disparaître.
Les chiffres sont formels : la consommation à la carte explose littéralement chez les plus de 50 ans, avec une hausse de 21 % en deux ans. Même constat chez les 35-49 ans (+17 %).
L’usage à la carte, déjà ancré chez les jeunes, explose chez les 50 ans et plus.
Vos parents ou grands-parents ont probablement troqué le journal télévisé pour une série policière sur Arte.tv ou une production Netflix. Avec 60 % des foyers français possédant désormais au moins un abonnement payant, le streaming est devenu un produit de première nécessité, au même titre que l’électricité ou internet.
La contre-attaque massive des chaînes françaises
Face aux géants américains qui déversent des milliards de dollars de contenus, nos chaînes historiques (TF1, France Télévisions, M6, Arte) n’ont pas dit leur dernier mot. Elles ont compris que pour survivre, il fallait s’adapter ou disparaître.
La stratégie ? L’abondance. En un an seulement, les plateformes françaises comme TF1+ ou M6+ ont doublé leur catalogue. On parle désormais de 9 000 titres uniques disponibles gratuitement (ou presque). C’est massif, même si cela reste loin derrière les 27 600 titres cumulés des plateformes de streaming par abonnement.
Mieux encore, on assiste à des alliances qui auraient été impensables il y a dix ans. Les frontières s’effacent : les contenus de TF1 débarqueront sur Netflix en juin 2026, tandis que ceux d’Arte sont déjà accessibles sur France.tv. L’objectif est simple : être visible partout, tout le temps.
Le sport et la fiction : les deux rois de l’écran
Qu’est-ce qu’on regarde pendant ces 4 heures ? Sans surprise, la fiction reste le genre roi, représentant 58 % de l’offre sur les plateformes. Mais le véritable nerf de la guerre, c’est le sport.
L’année 2025 l’a encore prouvé : le direct sportif est le seul événement capable de rassembler la nation entière devant un seul programme. La finale de la Ligue des Champions (PSG vs Inter Milan) a scotché 11,8 millions de téléspectateurs devant M6 et Canal+. Un score titanesque.
Les plateformes de streaming l’ont bien compris et investissent massivement ce terrain. Aujourd’hui, 30 % des abonnés au streaming déclarent y regarder du sport. Documentaires sur les coulisses, matchs en direct… le sport est devenu la thématique numéro un des documentaires sur les plateformes, doublant même les affaires criminelles.








