Coco devient Bounty : Sarah El Haïry saisit l’Arcom

Fermé en 2024, le forum Coco a refait surface sous le nom Bounty, un tchat sans inscription déjà épinglé pour ses dérives. La haut-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, annonce saisir l’Arcom.
bounty chat

Ce qu’on sait aujourd’hui

Un « nouveau Coco » dans le viseur

Le forum Coco, fermé par la justice en juin 2024, était au cœur de milliers de procédures pour contenus illégaux. Une partie de son audience a migré vers Bounty, un service au look minimaliste et à l’accès express, présenté comme un tchat « gratuit » et « anonyme ». La haute-commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry a annoncé saisir l’Arcom.

« Pas question de laisser ce type de forum renaître. »

Bounty, comment ça marche ?

Le site bounty.chat propose des salons thématiques et un accès en quelques clics avec simple pseudo, âge et code postal. L’inscription sans vérification solide de l’âge est régulièrement pointée comme une porte ouverte aux dérives.

Une fuite de données massive début 2025

En février 2025, plus de 560 000 comptes d’utilisateurs de bounty.chat ont été exposés selon le média spécialisé Zataz. Des informations sensibles (adresses IP, données de connexion, etc.) auraient circulé, rappelant que l’anonymat absolu n’existe pas.

Pourquoi c’est un sujet important

Un terreau connu pour les infractions

Avant sa fermeture, Coco était déjà décrit comme une plaque tournante d’activités illégales (atteintes aux mineurs, guet-apens, proxénétisme). La réapparition d’un clone alimente les mêmes risques pour les utilisateurs, notamment les plus jeunes. 

Rôle de l’Arcom et des autorités

L’Arcom peut être saisie lorsqu’un service en ligne est soupçonné de laisser prospérer des contenus illicites ou de ne pas protéger suffisamment les mineurs. La saisine par la haut-commissaire à l’Enfance s’inscrit dans un cadre institutionnel créé en 2025 pour coordonner la protection de l’enfance au niveau national.

Chronologie express

PériodeFait marquantSource
25 juin 2024Fermeture judiciaire de Coco après des années de polémiques et 23 051 procédures ouvertes.Le Monde
Fin 2024Arrivée de Bounty, tchat « sans inscription » qui reprend les codes de Coco.Le Parisien
Fév. 2025Fuite de données : plus de 560 000 utilisateurs de bounty.chat potentiellement exposés.Zataz
2025Nomination de Sarah El Haïry comme haut-commissaire à l’Enfance.Gouvernement

Concrètement, quels risques pour vous ?

Exposition à des contenus illégaux

Salons sexualisés, demandes explicites, absence de contrôle d’âge crédible : l’environnement peut basculer très vite vers l’illégal (proxénétisme, corruption de mineurs, chantage à la webcam). La responsabilité pénale n’épargne personne.

Vie privée : attention, ça laisse des traces

La fuite de février 2025 l’a montré : même un tchat « anonyme » n’est jamais totalement étanche. Un pseudo peut être recoupé à des adresses IP, des métadonnées, voire des pièces jointes.

Vos réflexes si vous tombez sur du contenu illégal

Signaler immédiatement

Utilisez PHAROS, la plateforme officielle du ministère de l’Intérieur pour signaler contenus et comportements illicites en ligne (violences, atteintes aux mineurs, proxénétisme, etc.). Un signalement n’est pas une plainte : déposez plainte en parallèle si vous êtes victime.

Protéger un mineur ou un proche

Appelez le 3018 (7j/7, 9 h–23 h) pour obtenir une aide rapide, faire retirer des contenus et être accompagné par des spécialistes. Le 3018 est un signaleur de confiance capable d’accélérer les retraits.

Conserver les preuves

Ne répondez pas aux sollicitations. Faites des captures d’écran, notez l’heure, le pseudo, le salon, l’URL, et joignez-les à votre signalement/Plainte. Sur mobile, sauvegardez aussi les métadonnées quand c’est possible. (PHAROS et 3018 acceptent les éléments probants.)

Le rôle des plateformes et ce que l’on peut attendre

Si l’Arcom estime qu’un service manque à ses obligations (modération, protection des mineurs, coopération avec les autorités), elle peut exiger des mesures correctives, voire pousser à des blocages ciblés via la justice. La saisine relayée par Le Parisien ouvre la voie à un contrôle renforcé.

Le mémo utile pour rester safe

  • Ne partagez jamais de photo intime, même « éphémère ».
  • Activez un VPN et évitez les comptes Google/Facebook pour vous connecter à un tchat non fiable.
  • Utilisez un mot de passe unique et l’authentification à deux facteurs partout où c’est possible.
  • En cas de harcèlement ou de chantage, ne payez pas, signalez à PHAROS et appelez le 3018.

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