Les monuments historiques : l’excellence à la française
Il y a des noms qui, à eux seuls, ouvrent des portes. Ces écoles sont des institutions publiques, souvent gratuites (ou presque), où la tradition se frotte à l’avant-garde.
L’ENSBA : Le sanctuaire des Beaux-Arts
Située en plein cœur de Saint-Germain-des-Prés, l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris (ENSBA) est un mythe. C’est ici que tu marches littéralement dans les pas de géants comme Degas ou Ingres. Mais ne t’attends pas à une école poussiéreuse. C’est une ruche où l’on navigue entre les ateliers de peinture à l’huile et les laboratoires d’impression 3D. Le cursus te pousse hors de ta zone de confort : on attend de toi que tu façonnes un style unique et que tu défendes ta vision du monde devant un jury exigeant. L’admission est un marathon : tests artistiques, culture générale et oral. Seuls les plus déterminés passent la porte.
L’ENSAD : Le laboratoire des « Arts Déco »
Si les Beaux-Arts sont le temple de l’artiste pur, l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs (ENSAD) est celui du créateur polyvalent. Surnommée « les Arts Déco », cette école est un immense laboratoire. Ici, les frontières sont floues : le graphisme rencontre le design textile, la vidéo flirte avec la scénographie. Le but ? Former des touche-à-tout de génie. L’admission sur concours demande un solide bagage technique, mais surtout une démarche artistique cohérente. C’est l’école idéale si tu refuses de te laisser enfermer dans une seule case.
Les orfèvres de la technique : Boulle, Estienne et Duperré
Paris brille aussi par ses écoles d’arts appliqués. Ici, on ne fait pas que du « beau », on fait de l’utile, du précis, du technique. Ces écoles publiques sont souvent regroupées car elles partagent une philosophie : l’excellence du geste.
L’École Boulle : Quand la matière prend vie
C’est une véritable institution, mondialement connue pour les métiers d’art et le design d’espace. Entrer à Boulle, c’est accepter de viser la perfection. Que ce soit en ébénisterie, en marqueterie ou en bijouterie, tu y apprends à transformer une idée brute en un objet d’exception. La sélection est drastique, sur dossier ou concours, mais le jeu en vaut la chandelle. Tu y développeras une précision chirurgicale, capable de faire parler le bois ou le métal.
L’École Estienne : Le royaume du graphisme
Si ton truc, c’est la communication visuelle, le livre ou le design numérique, Estienne est ton passage obligé. Cette école ne forme pas de simples exécutants, mais des créateurs d’univers visuels. Tu y apprendras à concevoir des affiches qui stoppent les passants, des illustrations qui marquent et des projets éditoriaux innovants. C’est le mélange parfait entre l’héritage de l’imprimerie et la modernité du digital.
L’École Duperré : La mode sous toutes ses coutures
Située dans le 3ème arrondissement, Duperré est la référence pour la mode et le textile. Mais attention, ce n’est pas une simple école de stylisme. On y apprend à maîtriser la matière, à créer des céramiques ou à concevoir des collections complètes qui ont du sens. L’entrée se fait sur concours avec épreuves artistiques. Une fois dedans, le rythme est soutenu pour préparer les étudiants à la réalité parfois brutale de l’industrie de la mode.
L’image et l’espace : Gobelins, Camondo et Olivier de Serres
Tu préfères le mouvement ou l’architecture ? Ces écoles sont spécialisées pour te rendre opérationnel dès la sortie.
Gobelins : Le Graal de l’animation
C’est simple : Gobelins est souvent citée comme la meilleure école d’animation au monde. Si tu rêves de voir ton nom au générique d’un Pixar, d’un Disney ou d’une production Illumination, c’est là que ça se passe. L’école, qui dépend de la Chambre de Commerce, est ultra-équipée et connectée directement aux plus grands studios. La sélection est internationale et féroce. Si tu es pris, prépare-toi à bosser dur, mais ton passeport pour l’industrie créative mondiale sera quasiment tamponné.
L’École Camondo : Repenser nos intérieurs
Rattachée aux Arts Décoratifs mais privée, Camondo forme les architectes d’intérieur et designers de demain. Le focus est mis sur l’esthétique et l’ergonomie. On y apprend à surprendre, à transformer un loft parisien ou un hôtel de luxe en une expérience sensorielle. Le jury cherche avant tout une sensibilité artistique et une capacité à raconter une histoire à travers un espace.
ESAA Olivier de Serres : La créativité concrète
Moins médiatisée que Boulle mais tout aussi respectée, l’École Olivier de Serres (ENSAAMA) est le lieu où l’on plonge les mains dans le cambouis créatif. Objets du quotidien, espaces modulables, communication… Les projets sont concrets, souvent en partenariat avec des entreprises. Le jury scrute ta capacité à travailler en équipe et ton envie d’innover.
Les privés et les prépas : l’audace et la préparation
Parfois, le chemin vers l’excellence passe par des structures privées qui ont fait leurs preuves.
Penninghen, c’est un peu le laboratoire des idées qui décoiffent. On n’y entre pas juste avec de la technique, mais avec de la personnalité.
Réputée pour sa direction artistique et son architecture intérieure, Penninghen est une école exigeante. Elle demande de l’audace et une capacité à surprendre. C’est une école qui forme des directeurs artistiques capables de bousculer les codes.
Enfin, si tu sens que tu n’es pas encore prêt pour ces concours de haut vol, les Ateliers de Sèvres sont la référence en matière de classe préparatoire. C’est une année intense où tu dessines du matin au soir pour affiner ton style et monter le dossier qui te permettra d’intégrer les écoles citées plus haut.
Quelle école pour quel profil ?
| École | Spécialité dominante | Type / Ambiance |
|---|---|---|
| ENSBA (Beaux-Arts) | Art pur (Peinture, Sculpture) | Public / Historique et conceptuel |
| Gobelins | Animation & Image | Privé (CCIP) / Pro et international |
| École Boulle | Métiers d’art & Design | Public / Tradition et excellence manuelle |
| ENSAD (Arts Déco) | Multidisciplinaire | Public / Laboratoire expérimental |
| Duperré | Mode & Textile | Public / Fashion et matière |
| Estienne | Graphisme & Livre | Public / Visuel et typographique |
| Penninghen | Direction Artistique | Privé / Intense et audacieux |
Intégrer l’une de ces écoles demande de la préparation, de la culture et beaucoup de pratique. Ne t’arrête pas au prestige du nom : visite les portes ouvertes (souvent en début d’année), parle aux étudiants et regarde les travaux de fin d’études pour voir ce qui résonne en toi.
















