Monji H. mis en examen pour les quatre cadavres retrouvés dans la Seine

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C’est l’épilogue judiciaire d’un été marqué par l’effroi dans le Val-de-Marne. Monji H., un ressortissant tunisien de 24 ans, a été officiellement mis en examen pour quatre meurtres. L’homme, soupçonné d’être le tueur en série qui a sévi sur les bords de Seine à Choisy-le-Roi en août dernier, reste mutique face aux enquêteurs. Mais alors que l’instruction avance, son profil psychologique inquiète de plus en plus, notamment après une récente agression commise en détention. Retour complet sur une enquête hors normes qui mêle errance, sexualité refoulée et violence extrême.

Un profil insaisissable et une identité trouble

Avant d’être identifié comme le suspect numéro un, Monji H. a joué au chat et à la souris avec les autorités. Lors de sa première interpellation, il s’est présenté sous le nom d’Ahmed Ben Ali, se disant né à Oran en Algérie. Une identité fictive qui a tenu quelques jours avant que la Brigade criminelle ne découvre la vérité : le jeune homme est en réalité tunisien et en situation irrégulière.

Le chef d’accusation retenu par le juge d’instruction est lourd et rare : « meurtres en concours ». Cette qualification juridique désigne une série d’homicides distincts commis sur une courte période, sans qu’aucune condamnation n’ait encore été prononcée entre les faits. Elle valide la thèse d’un parcours criminel sériel, exécuté avec une rapidité glaçante : quatre vies fauchées en l’espace de seize jours seulement.

L’horreur au fil de l’eau : la découverte des corps

Tout a basculé le 13 août dernier. Ce jour-là, la routine des passagers du RER C et des promeneurs de Choisy-le-Roi se brise. C’est d’abord un usager du train qui, depuis sa fenêtre, aperçoit une silhouette flotter. Presque simultanément, un riverain découvre un autre corps près d’une rampe de mise à l’eau.

L’intervention des forces de l’ordre révèle un scénario de cauchemar. Ce n’est pas un, mais quatre cadavres qui sont extraits du fleuve et des ronces bordant la berge. Les victimes présentent des états de décomposition différents, prouvant que les mises à l’eau ont été échelonnées dans le temps.

  • Un Français de 48 ans, originaire de Créteil.
  • Un jeune Algérien de 21 ans résidant à Choisy.
  • Deux hommes sans domicile fixe (un Algérien et un Tunisien) qui fréquentaient le squat local.

Un mobile entre pulsion sexuelle et dérive religieuse

Le lieu des crimes est une clé centrale du dossier. Les corps ont été retrouvés à proximité d’un squat situé près d’un lieu de rencontres homosexuelles bien connu des habitués, isolé entre les voies ferrées et la Seine. C’est là que Monji H. vivait, au milieu de déchets et de traces de vie précaire.

L’autopsie et les analyses ADN ont permis de reconstituer une partie du puzzle. L’ADN du suspect a été retrouvé mélangé à celui de la victime de 48 ans, notamment sur son pantalon, suggérant un rapport sexuel avant le meurtre. Deux des victimes portaient des traces de strangulation, et certaines ont été retrouvées le bas du corps dénudé.

Les enquêteurs privilégient la piste d’un conflit intérieur violent. Monji H. serait un adepte d’un islam rigoriste, en lutte contre sa propre homosexualité ou animé par une homophobie meurtrière. Abdelhamid, une connaissance du suspect, a décrit une évolution inquiétante :

« Pour moi, c’est un délire lié à la religion. Je l’ai vu changer au fil des mois, il reprochait à ses amis de ne pas prier suffisamment. »

« Il souriait en m’étranglant » : la terreur en prison

monji facebook

Placé en détention provisoire à la prison de la Santé, Monji H. a de nouveau fait parler de lui par sa violence imprévisible. Début janvier, il a tenté d’étrangler son codétenu, Marwane, en plein sommeil. Le récit de la victime fait froid dans le dos et renforce l’image d’un prédateur instable.

Réveillé en sursaut, Marwane a découvert Monji H. à califourchon sur lui, les mains autour de son cou. « Il souriait en m’étranglant, il me fixait comme un possédé », a-t-il confié, traumatisé. Suite à cette agression, le suspect a été placé à l’isolement pour vingt jours.

Et maintenant ?

Alors que l’instruction se poursuit, Monji H. continue d’opposer son droit au silence face aux questions des magistrats. Les familles des victimes, elles, attendent des réponses pour comprendre comment ce squat des bords de Seine est devenu, en l’espace de quelques semaines, le terrain de chasse d’un tueur en série présumé.

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