Une sanction plus sévère en appel
On pensait l’affaire close, mais l’appel a rebattu les cartes, et pas en faveur de l’ancien militaire. Ce mardi 20 janvier, la cour d’appel de Colmar a rendu son verdict concernant les incidents survenus à la maison centrale d’Ensisheim.
Si vous aviez suivi le premier procès, vous savez que Nordahl Lelandais avait écopé d’un an de prison ferme supplémentaire. Cette peine est maintenue. Mais là où la justice a décidé de taper plus fort, c’est sur l’isolement du détenu.
En plus de la prison ferme, la cour a prononcé une interdiction formelle d’entrer en contact avec sa compagne pour une durée de deux ans. C’est une nouveauté par rapport au premier jugement. Le parquet avait fait un « appel incident », ce qui a permis à la cour de revoir l’ensemble du dossier, et pas seulement les points contestés par Lelandais.
Le verdict comprend donc :
- Un an d’emprisonnement ferme (qui s’ajoute à sa perpétuité).
- Le retrait total de l’autorité parentale sur son fils.
- Une interdiction de contact avec l’enfant (témoin de la scène) pendant trois ans.
- Une interdiction de contact avec sa compagne pendant deux ans.
Que s’est-il passé au parloir d’Ensisheim ?
Pour comprendre cette décision, il faut revenir sur les faits qui se sont déroulés le 9 juin 2025. La scène est glaçante. Alors qu’il se trouvait au parloir avec sa compagne et leur petit garçon de deux ans, le ton est monté.
Selon les éléments rapportés par le procureur et repris par plusieurs sources, Nordahl Lelandais a violemment saisi la jeune femme par les cheveux. Il lui a ensuite porté une main autour du cou, exerçant une pression jusqu’à ce qu’elle réussisse à se dégager.
Le plus choquant dans cette histoire, c’est la présence de leur enfant. Le petit garçon, âgé d’à peine deux ans au moment des faits, se trouvait sur les genoux de son père quand la violence a éclaté. C’est ce détail précis qui a motivé le retrait total de l’autorité parentale, une mesure destinée à protéger le mineur.
Une défense qui interroge
C’est l’aspect le plus déroutant de ce dossier : la position de la victime présumée. La compagne de Nordahl Lelandais, âgée de 33 ans, ne s’est pas constituée partie civile. Mieux, elle a refusé de se considérer comme victime.
Absente lors de l’audience d’appel qui s’est tenue à huis clos, elle avait précédemment déclaré au Parisien que les images de vidéosurveillance avaient été « mal interprétées ».
La ligne de défense du couple est pour le moins surprenante. D’après eux, il ne s’agissait pas d’une agression, mais d’une… démonstration. Nordahl Lelandais, qui se fait désormais appeler Nordahl Périnet (le nom de sa mère), a soutenu qu’il montrait simplement à sa compagne des gestes d’autodéfense, au cas où elle se ferait agresser lors d’un jogging.
Une explication qui n’a absolument pas convaincu les magistrats de la cour d’appel de Colmar, qui ont choisi de suivre les réquisitions du parquet en protégeant la femme contre son gré, via l’interdiction de contact.
Un contexte judiciaire déjà très lourd
Il est difficile de dissocier cette affaire du passif criminel de l’accusé. Nordahl Lelandais est actuellement incarcéré à la prison d’Ensisheim depuis septembre 2022 pour des crimes qui ont marqué la France entière.
On rappelle qu’il purge une peine de réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, pour l’enlèvement et le meurtre de la petite Maëlys en 2017. Il a également été condamné à 20 ans de prison pour le meurtre du caporal Arthur Noyer.
Cette nouvelle condamnation pour violences conjugales vient s’ajouter à un casier judiciaire déjà accablant, confirmant la dangerosité de l’individu, même derrière les barreaux.
La défense a immédiatement annoncé son intention de se pourvoir en cassation, contestant la décision de la cour d’appel. L’affaire n’est donc peut-être pas totalement terminée sur le plan juridique, mais pour l’heure, le message de la justice est clair : tolérance zéro pour la violence, même au parloir.








