Bienvenue au cœur de la vallée de l’étrange
Si vous ressentez une pointe d’inquiétude en regardant les vidéos de Moya, c’est normal : vous traversez la « vallée dérangeante ». Ce concept de robotique explique pourquoi nous sommes mal à l’aise face à une machine qui ressemble presque parfaitement à un humain, mais dont les micro-détails trahissent la nature artificielle. Moya pousse ce curseur à l’extrême avec une capacité à maintenir un contact visuel soutenu et à reproduire des micro-expressions faciales comme le doute ou la joie.
Mesurant 1,65 mètre pour 32 kg, Moya possède des proportions d’adulte. Mais le plus troublant reste caché sous sa peau synthétique. Les ingénieurs de DroidUp lui ont intégré une structure reproduisant une cage thoracique et des couches de matériaux simulant la souplesse de la graisse et du muscle. L’objectif ? Rendre l’interaction physique moins « métallique » et plus proche d’un contact vivant.
Un robot qui a de la fièvre (ou presque)
Pour accentuer ce sentiment de parenté avec l’humain, Moya dispose d’un système de contrôle thermique. Sa peau maintient une température constante située entre 32 et 36 °C. Selon Li Qingdu, le fondateur de DroidUp, un robot destiné à nous servir doit être « chaud » pour que nous puissions créer un véritable lien affectif avec lui. Une idée qui séduit les laboratoires de recherche, mais qui fait grincer des dents les internautes chinois qui comparent déjà Moya à un « fantôme marchant ».
Côté mouvement, la société revendique une précision de marche de 92 % par rapport à celle d’un être humain. Si les vidéos montrent encore une démarche légèrement hésitante (similaire à celle d’une personne marchant avec des talons hauts), la fluidité des rotations et des inclinaisons de tête marque un saut technologique impressionnant par rapport aux modèles de type « Boston Dynamics ».
Fiche technique du robot Moya
| Caractéristique | Détails |
|---|---|
| Taille / Poids | 1,65 m / 32 kg |
| Température corporelle | 32°C à 36°C (simulée) |
| Précision de la marche | 92 % (selon le constructeur) |
| Prix estimé | 1,2 million de yuans (env. 147 000 €) |
| Disponibilité | Fin 2026 |
Aide à la personne ou cauchemar technologique ?
Contrairement à Tesla qui mise sur son robot Optimus pour des tâches industrielles, DroidUp cible les secteurs de la santé et de l’éducation. Moya est pensée pour accompagner les personnes âgées ou assister les soignants dans les hôpitaux. Son architecture modulaire permet d’ailleurs de changer son apparence ou son genre selon les besoins, ce qui ouvre la porte à une personnalisation totale de l’assistant domestique.
Cependant, ce réalisme extrême soulève des questions éthiques massives. Entre le risque de sexualisation de ces machines et le trouble psychologique que peut engendrer la cohabitation avec un être artificiel quasi indiscernable d’un humain, le débat est loin d’être tranché. Pour l’instant, Moya reste un prototype de luxe : son prix de lancement est estimé à environ 147 000 euros (1,2 million de yuans), ce qui la réserve aux institutions de santé de pointe.
Alors, seriez-vous prêt à confier vos grands-parents à une machine qui vous sourit avec une peau chauffée à 36 degrés ? La commercialisation est prévue pour la fin 2026, nous laissant encore un peu de temps pour nous habituer à l’idée que le futur pourrait bien nous regarder droit dans les yeux.
« Un robot qui sert vraiment la vie humaine devrait être chaud… presque comme un être vivant auquel les gens peuvent se connecter. » — Li Qingdu, fondateur de DroidUp.








