Un enfant de 7 ans menace son directeur au couteau à Pau

Le 4 février 2026, l’école « Les quatre coins du monde » à Pau a été le théâtre d’une scène surréaliste. Un enfant de 7 ans a brandi un couteau contre son directeur pour échapper à une réprimande.
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Une « discussion » qui bascule dans la violence

Tout commence en fin de matinée. Le jeune garçon, déjà connu pour son comportement difficile et soupçonné d’avoir volé dans des cartables, quitte brusquement sa classe. Pour tenter de désamorcer la crise, le directeur de l’établissement décide de l’emmener dans la salle des maîtres, un lieu calme qui sert également de cuisine au personnel.

L’objectif était simple : avoir une discussion en tête-à-tête pour apaiser l’élève. Mais une fois sur place, le dialogue est impossible. L’enfant commence par insulter violemment le responsable. C’est au moment où le directeur saisit son téléphone pour prévenir la famille que la situation dérape totalement. Le garçon s’empare d’un couteau qui finissait de sécher sur un égouttoir et le pointe directement vers l’adulte.

« Pour qu’il arrête de me gronder » : des aveux glaçants

Face à la menace, le directeur fait preuve d’un sang-froid remarquable. Il quitte immédiatement la pièce, laissant l’enfant reposer l’arme de lui-même, avant de prévenir les forces de l’ordre. La police intervient rapidement et conduit le garçonnet au commissariat, accompagné de sa mère.

Lors de son audition, les explications de l’écolier ont de quoi laisser sans voix. Il a reconnu les faits sans difficulté, expliquant avoir agi ainsi simplement pour que son directeur « arrête de le gronder ». Pour Rodolphe Jarry, le procureur de la République de Pau, l’intention de l’enfant était claire : faire cesser la remontrance par la menace, sans forcément mesurer la portée criminelle de son geste.

« L’enfant s’est saisi d’un couteau qui était en train de sécher et l’a pointé en direction de l’adulte », a précisé le parquet dans un communiqué officiel.

Absence de sanctions pénales mais une plainte pour « aider »

C’est la question qui brûle les lèvres : que risque un enfant de 7 ans dans une telle situation ? La réponse est simple : rien sur le plan pénal. Selon le Code de la justice pénale des mineurs, un enfant de cet âge est présumé « non capable de discernement ». Il n’y aura donc aucune poursuite judiciaire ni condamnation.

Pourtant, le directeur de l’école a choisi de déposer plainte. Ce n’est pas une volonté de vengeance, mais une démarche pédagogique validée par le rectorat de Bordeaux. L’idée est de provoquer un « électrochoc » chez l’enfant et sa famille pour favoriser une prise de conscience. Le Dasen (Directeur académique), Dominique Malroux, a d’ailleurs dépêché une équipe de spécialistes dès le lendemain pour soutenir l’équipe éducative et répondre aux questions des autres élèves.

Un climat de tension dans les écoles françaises

Cet incident survient dans un contexte national particulièrement lourd pour l’Éducation nationale. Quelques jours plus tôt, à Sanary-sur-Mer, une enseignante était poignardée par un collégien. Les syndicats, comme la FSU-Snuipp, alertent sur le manque criant de moyens dans ces écoles situées en zones sensibles. Ils réclament plus de psychologues scolaires et d’AESH (Accompagnants d’élèves en situation de handicap) pour gérer ces profils « en crise ».

À Pau, le préfet a rappelé que la sécurité reste la priorité, avec près de 100 opérations de fouilles de sacs menées en 2025 dans le département. Mais face à un enfant de 7 ans qui saisit un ustensile de cuisine dans une salle de repos, les mesures de sécurité habituelles atteignent leurs limites. L’association d’aide aux victimes APAVIM a été saisie pour accompagner le directeur, profondément marqué par cette agression inédite.

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