La vérité sur le gène SRY et le taux de testostérone
C’est une mise au point qui va faire du bruit. Dans un entretien accordé au journal L’Équipe ce mercredi 4 février, Imane Khelif a décidé de jouer la transparence totale. La boxeuse algérienne a confirmé posséder le gène SRY, un marqueur génétique souvent associé au chromosome Y. « Oui, et c’est naturel », a-t-elle confié avec une franchise désarmante. Pour elle, cette particularité biologique ne définit pas son genre, mais constitue une différence de naissance avec laquelle elle compose depuis toujours.
Pour pouvoir monter sur le ring à Paris et décrocher l’or en -66 kg, la championne de 26 ans a dû suivre un protocole médical strict. On apprend ainsi qu’elle a eu recours à des traitements hormonaux pour faire chuter son taux de testostérone. Lors du tournoi de qualification à Dakar, elle l’avait même fait descendre à zéro. Un processus lourd, encadré par des professeurs en médecine, qui n’est pas sans conséquences : Imane raconte avoir souvent pleuré à cause des effets secondaires de ces traitements qui bousculent les émotions.
Face au harcèlement de Trump et Musk : « Je suis une fille »
On s’en souvient, l’été dernier avait été marqué par une vague de haine d’une violence rare sur les réseaux sociaux. Des personnalités comme Donald Trump, Elon Musk ou J.K. Rowling l’avaient ouvertement accusée d’être une personne transgenre. La réponse de la championne est cinglante : « Je ne suis pas une trans, je suis une fille ». Elle rappelle avoir été élevée, avoir grandi et être reconnue par tout son village de Biban Mesbah comme une femme.
Si elle affirme respecter la fonction de Donald Trump, elle l’appelle fermement à ne pas « détourner la vérité ». Le traumatisme reste pourtant profond. Le cyberharcèlement a été un choc plus dur que n’importe quel coup reçu sur le ring. Imane Khelif révèle que sa mère, sa petite sœur et elle-même ont dû consulter des psychologues pendant plus d’un an pour surmonter cette épreuve. À un moment, face à la virulence des attaques, elle a même envisagé de raccrocher les gants.
Objectif Los Angeles 2028 et carrière pro
Mais que les fans se rassurent, la « vraie fille algérienne », comme on l’appelle chez elle, n’a rien perdu de sa détermination. Bien au contraire. Imane Khelif vient de s’installer au nord de Paris et a obtenu une licence française de boxe professionnelle. Ses débuts chez les pros sont attendus pour avril prochain sous l’œil expert de John Dovi. C’est pour elle la suite logique d’une carrière déjà historique.
Et pour ceux qui doutent de sa légitimité future, elle prend les devants. En vue des Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028, elle se dit prête à se soumettre à tous les tests génétiques imposés par World Boxing. « Je ne me cache pas », martèle-t-elle. Son rêve ultime ? Devenir la première athlète algérienne à conserver son titre olympique. Un message envoyé directement à ses détracteurs, et peut-être même à Donald Trump qu’elle espère croiser sur le podium en 2028 pour recevoir sa médaille.
« Ma différence, elle est naturelle. Je n’ai rien fait pour changer la manière dont la nature m’a faite. C’est pour ça que je n’ai pas peur. »








