Un ange noir sur la scène de la Crypto.com Arena
C’est l’image que tout le monde retient de cette nuit à Los Angeles. Au milieu des stars comme Kendrick Lamar ou Sabrina Carpenter, un homme en smoking noir impeccable, gants de latex et masque intégral brillant a fendu la foule. Sans retirer son masque à la texture de marbre, il a récupéré son prix, envoyé un baiser au public et s’est éclipsé. Pas de discours, pas de « merci », juste un silence assourdissant qui a enflammé les réseaux sociaux.
« C’est un Daft Punk ? », « Je ne sais pas qui c’est, mais son look est incroyable », pouvait-on lire sur X quelques minutes après son passage. Pour beaucoup d’Américains, ce visage masqué est une énigme. Pourtant, derrière ce costume se cache Mike Lévy, un Lyonnais de 40 ans que les puristes de l’électro surnomment depuis longtemps le « prince noir de la techno ».
Le Français que vos artistes préférés s’arrachent
Si son nom est difficile à prononcer (mélange de « Gesamtkunstwerk » et « Einstein »), son influence sur la musique mondiale est immense. Vous avez forcément déjà écouté du Gesaffelstein sans le savoir. Ce DJ de l’ombre est le collaborateur fétiche des plus grandes icônes de la pop et du rap US. Il a notamment produit deux titres cultes de l’album Yeezus de Kanye West et a signé une grande partie de l’EP mélancolique de The Weeknd, My Dear Melancholy.
Aux Grammy Awards 2026, c’est pour son travail avec Lady Gaga qu’il a été sacré. Son remix du tube « Abracadabra » a remporté le prix du meilleur remix de l’année. La Mother Monster ne tarit d’ailleurs pas d’éloges sur le Français, avec qui elle a co-écrit et produit plusieurs morceaux de son dernier album, Mayhem. De Pharrell Williams à Lana Del Rey, tout Hollywood s’arrache son esthétique sombre et ses rythmes industriels.
Pourquoi se cache-t-il derrière un masque ?
Contrairement aux Daft Punk qui utilisaient des casques pour s’effacer derrière une mythologie robotique, Gesaffelstein utilise le masque pour renforcer une scénographie quasi apocalyptique. Pour lui, la musique doit parler d’elle-même. Fidèle à sa réputation, l’artiste fuit les interviews, les réseaux sociaux et la lumière des projecteurs. Ce mystère soigneusement entretenu fait partie intégrante de son art.
Son dernier album Gamma, présenté lors de festivals majeurs comme Coachella, We Love Green ou les Vieilles Charrues, confirme cette direction. Sur scène, il devient une silhouette de métal noir qui maltraite ses machines dans une ambiance de fin du monde. Ce contraste entre son élégance haute couture (il signe aussi les musiques des défilés Balmain et Balenciaga) et sa violence sonore fascine autant qu’elle interroge.
- Origine : Lyon, France (Mike Lévy).
- Récompense : Grammy Award 2026 du meilleur remix pour « Abracadabra » de Lady Gaga.
- Collaborations : The Weeknd, Kanye West, Daft Punk, Charli XCX, Pharrell Williams.
- Style : Techno sombre, industrielle et minimaliste.
Un succès qui confirme la domination de la French Touch
Même si les Daft Punk ne sont plus là, la France continue de régner sur la planète électro. Gesaffelstein est aujourd’hui l’héritier de cette tradition d’exportation musicale qui cartonne à l’étranger. Alors que le monde entier se demande encore « mais c’est qui ce type ? », les fans français, eux, savourent cette victoire avec une pointe de fierté. Le prince noir a peut-être gardé le silence, mais son trophée fait déjà beaucoup de bruit.
Le Dj Gesaffelstein sur le tapis rouge des #GRAMMYs pic.twitter.com/F1yoQ9CVSR
— 75 Secondes 🗞️ (@75secondes) February 1, 2026








