Fortune de Jeffrey Epstein : l’origine de ses millions

De simple prof de maths à New York à propriétaire d’îles privées, la trajectoire financière de Jeffrey Epstein fascine autant qu’elle dégoûte. On vous explique comment cet homme a amassé près de 600 millions de dollars sans jamais vraiment expliquer son métier.
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Le « magicien » qui n’avait que deux clients

Pendant des années, Jeffrey Epstein s’est présenté comme un génie de la finance, un « magicien » des algorithmes capable de faire fructifier les milliards des plus grandes fortunes mondiales. Pourtant, la réalité est bien plus étrange. Selon une enquête approfondie de Forbes France, sa fortune ne reposait pas sur une multitude d’investissements boursiers, mais principalement sur deux hommes de l’ombre.

Le premier est Les Wexner, le richissime patron de Victoria’s Secret. À partir de 1991, Epstein obtient une procuration générale sur les finances de Wexner, une confiance quasi aveugle qui lui aurait rapporté plus de 200 millions de dollars. Le second pilier se nomme Leon Black, géant du capital-investissement (Apollo Global Management), qui lui a versé 170 millions de dollars entre 2012 et 2017 pour de mystérieux conseils en « planification successorale ».

L’astuce fiscale à 300 millions de dollars

Si Jeffrey Epstein a pu accumuler autant d’argent, c’est aussi parce qu’il savait parfaitement jouer avec les frontières. En s’installant dans les Îles Vierges américaines en 1996, il a profité de programmes de développement économique locaux particulièrement généreux. On parle d’une exonération de 90 % de l’impôt sur les sociétés.

D’après les registres financiers, ces avantages fiscaux lui auraient permis d’économiser environ 300 millions de dollars d’impôts entre 1999 et 2018. En clair, alors que le taux d’imposition classique des sociétés y était de 38,5 %, ses entreprises ne payaient qu’environ 4 % d’impôts. C’est cet argent, normalement destiné aux caisses publiques, qui a financé son train de vie de milliardaire, ses jets privés comme le « Lolita Express » et ses nombreuses résidences de luxe.

Mécénat, chantage ou services secrets ?

Mais pourquoi ces milliardaires versaient-ils des sommes aussi colossales à un homme qui n’avait même pas de diplôme ou de certification financière ? C’est là que le mystère s’épaissit. Plusieurs théories circulent, relayées par des médias comme Le Figaro et La Presse. La plus sombre suggère qu’Epstein utilisait son réseau de trafic sexuel pour piéger ses riches amis et les faire chanter, transformant ses « services financiers » en couverture pour des extorsions de fonds.

Une autre piste, évoquée par l’ancien secrétaire au Travail d’Alexander Acosta, suggère qu’Epstein aurait eu des liens avec le renseignement. « On m’a dit qu’Epstein appartenait au renseignement et de ne pas y toucher », aurait déclaré Acosta pour justifier le traitement de faveur accordé au financier en 2008. Que ce soit par le chantage, l’espionnage ou une manipulation hors pair, Epstein savait se rendre indispensable auprès de l’élite mondiale.

L’héritage qui ne s’épuise jamais

Même après sa mort en 2019, l’argent continue de circuler. Sa succession détenait encore 131 millions de dollars d’actifs début 2024. Si une grande partie a servi à indemniser les victimes (plus de 160 millions de dollars), des flux financiers massifs continuent d’apparaître dans les enquêtes du Sénat américain. On a découvert plus de 4 700 transactions suspectes sur ses comptes pour un montant total dépassant les 1,9 milliard de dollars.

En France aussi, l’onde de choc se fait sentir. Les récents documents déclassifiés par le département de la Justice mentionnent des liens financiers inédits avec la famille de l’ancien ministre Jack Lang. Sa fille, Caroline Lang, aurait notamment fondé une société offshore avec le financier en 2016. Ces ramifications montrent que l’argent d’Epstein n’était pas seulement une fortune personnelle, mais un véritable outil d’influence politique et culturelle mondiale.

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