Viré pour avoir joué à Pokémon au bureau, il réclame 146 000 € à son employeur !

Un directeur des opérations a été licencié pour faute grave après avoir passé ses journées à capturer des Pokémon en plein open space. Malgré son comportement, l’ex-salarié a tenté le tout pour le tout en justice pour obtenir une petite fortune.
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Pokémon Go, siestes et 30 minutes de travail réel

Imaginez la scène. Vous arrivez au bureau, la charge de travail est énorme, et votre boss, lui, est en train de chasser un Dracaufeu entre deux pauses café. C’est le quotidien surréaliste qu’ont décrit les employés d’une PME du numérique. Selon les témoignages recueillis, ce cadre supérieur gérait son emploi du temps de manière très… personnelle.

Arrivée à 10 heures, pause cigarette immédiate, puis sessions intensives de Pokémon « au vu de tous ». Ajoutez à cela une pause déjeuner de deux heures suivie d’une sieste, et vous obtenez un temps de travail effectif estimé à seulement 30 minutes par jour. Pour l’employeur, cette désinvolture affichée en plein milieu de l’open space tenait de la provocation pure et simple, surtout pour un manager censé montrer l’exemple.

Un management toxique qui ne passe pas

Si l’histoire du jeu vidéo prête à sourire, le reste du dossier est beaucoup plus sombre. Au-delà des arènes Pokémon, l’homme est accusé d’avoir instauré un climat de terreur. Sept de ses anciens collègues ont dénoncé un management agressif, ponctué d’insultes et de propos humiliants. En plein briefing, il aurait notamment hurlé que le travail de ses équipes était « de la merde » avant de leur dire de se « démerder ».

C’est ce comportement violent qui a scellé son sort. Comme l’explique Maître Alix Hirlemann dans les colonnes de Cadre Emploi, un manager est tenu à un devoir d’exemplarité. L’agressivité verbale répétée constitue en soi une faute grave, car elle rend impossible le maintien du salarié dans l’entreprise, peu importe ses performances ou ses captures sur smartphone.

Le verdict tombe : 146 000 euros de demandes balayées

Malgré ce tableau peu glorieux, le dresseur déchu ne s’est pas avoué vaincu. Devant les prud’hommes, il a réclamé la coquette somme de 145 973 euros. Ce montant astronomique regroupait des indemnités de licenciement, des dommages et intérêts pour licenciement « vexatoire » et des rappels d’heures supplémentaires. Une stratégie audacieuse pour quelqu’un accusé de ne travailler qu’une demi-heure par jour.

La justice a tranché, et la douche est froide pour le plaignant. La Cour d’appel a confirmé la validité du licenciement pour faute grave. Le verdict est sans appel : ses méthodes de management suffisent à justifier son renvoi immédiat. Sur les 146 000 euros espérés, il n’a obtenu qu’une somme symbolique de 1 100 euros liée à un détail technique sur son forfait jours. La prochaine fois, il vaudra mieux garder ses Pokéballs dans sa poche.

« Un manager est tenu à un devoir d’exemplarité. Des propos humiliants ou agressifs peuvent suffire à justifier une faute grave, indépendamment des autres reproches. » — Alix Hirlemann, avocate.

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