Macron souhaite raccourcir les vacances d’été d’un mois

Le 5 février 2026, lors d’un entretien avec le média Brut, Emmanuel Macron a relancé un débat qui fait déjà chauffer les réseaux sociaux : la réduction drastique des vacances d’été. Son objectif ? En finir avec les journées de cours interminables en échange d’un mois de repos en moins.
macron vacances scolaires

Finies les journées qui se terminent à 18 heures ?

Le constat du chef de l’État est simple : les collégiens et lycéens français subissent des journées trop chargées. Selon lui, pour que l’on « apprenne mieux », il faudrait commencer les cours plus tard le matin et finir plus tôt l’après-midi. Cela permettrait de libérer du temps pour le sport ou les activités culturelles au sein même de la journée.

Mais cette légèreté quotidienne a un prix. Pour compenser ces heures en moins, Emmanuel Macron propose de piocher dans le calendrier estival. « Un gros mois de vacances, ce serait envisageable », a-t-il affirmé, suggérant de reprendre les cours plus tôt en août ou de partir plus tard en juillet. Actuellement, la France compte environ huit semaines de congés d’été, soit 60 jours contre les 30 à 45 jours que semble viser le Président.

Lutter contre « l’injustice sociale » du grand été

L’argument principal du Président n’est pas seulement l’organisation, mais aussi la justice sociale. Emmanuel Macron estime que les vacances actuelles sont trop longues et créent des inégalités. « Les plus démunis sont ceux dont les enfants désapprennent le plus entre la fin des classes et la rentrée », a-t-il plaidé lors de son interview.

En clair, sans accès à des stages, des voyages ou des activités culturelles pendant deux mois, les élèves issus de familles précaires perdraient leurs acquis scolaires plus rapidement que les autres. Réduire cette période permettrait donc de maintenir un lien plus constant avec l’école et d’éviter ce décrochage estival.

Pas de révolution avant l’élection de 2027

Si Emmanuel Macron semble motivé, la mise en œuvre de ce projet est loin d’être acquise. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a déjà tempéré les ardeurs présidentielles en renvoyant le dossier à l’après-2027. Le gouvernement juge qu’une telle réforme nécessite une stabilité que le pays n’a pas actuellement et qu’elle ne peut pas être bouclée en quelques mois.

De plus, la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant, qui a rendu ses propositions fin 2025, est plus nuancée. Si elle soutient l’idée de ne pas commencer avant 9 heures et de finir vers 15h30, elle ne préconise pas de toucher aux vacances d’été. Entre les syndicats enseignants qui pointent un projet « utopiste » et les familles attachées à leur pause estivale, la bataille des rythmes scolaires ne fait que commencer.

« On a plus de vacances souvent que les autres pays », a martelé le Président pour justifier son souhait de réforme.

Vers un modèle européen plus équilibré ?

La France se situe pourtant dans une moyenne basse concernant la durée totale des congés d’été. Avec ses huit semaines, elle est en dessous de la moyenne européenne qui dépasse souvent les neuf semaines. Cependant, le volume horaire annuel des élèves français reste parmi les plus élevés de l’OCDE, concentré sur un nombre de jours plus restreint.

C’est ce déséquilibre que le Président souhaite corriger : étaler les heures sur l’année pour éviter le « burn-out » scolaire quotidien. Mais sans une vision claire sur les programmes ou le recrutement des enseignants, beaucoup craignent une réforme purement comptable qui viderait les vacances sans vraiment améliorer l’école. En attendant 2027, le débat reste ouvert : seriez-vous prêts à sacrifier un mois d’août à la mer pour finir les cours à 15 heures ?

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