Thales recrute 9 000 personnes : le géant de la défense cherche ses futurs talents

Le géant français de la défense et de l’aérospatial, Thales, vient de frapper un grand coup avec l’annonce d’un plan de recrutement massif pour l’année 2026. Alors que les tensions géopolitiques mondiales dopent les carnets de commandes, le groupe prévoit d’intégrer 9 000 nouveaux collaborateurs à l’échelle internationale, dont un tiers sur le sol français.

Une montée en puissance portée par le contexte mondial

Si vous cherchez un job dans la tech ou l’industrie, c’est peut-être le moment de polir votre CV. Pour répondre à une demande qui explose — notamment dans le secteur des radars où la production a triplé — le directeur des recrutements de Thales France, Matthieu Motillon, a confirmé auprès de France Info l’ouverture de 3 300 postes en France. Cette accélération n’est pas un hasard : l’invasion de l’Ukraine par la Russie a poussé les nations européennes à un réarmement accéléré, remplissant les carnets de commandes de l’équipementier pour les années à venir.

Le groupe ne cherche pas seulement des têtes bien faites issues des grandes écoles. Si 70 % des embauches visent des profils Bac+5, Thales martèle que ses offres vont « du CAP au doctorat ». L’objectif est clair : muscler la force de frappe industrielle pour livrer à temps. En 2025, Thales avait déjà battu ses records en attirant 1,4 million de candidatures dans le monde, confirmant son statut d’entreprise préférée des futurs ingénieurs.

Ingénierie, IA et production : les profils qui matchent

Le groupe se réinvente pour faire face à la « guerre de demain », celle qui se jouera autant sur le terrain que dans le cyberespace. Voici la répartition des besoins pour 2026 :

  • Ingénierie (40 %) : Intelligence artificielle, cybersécurité, systèmes logiciels et data.
  • Industrie (25 %) : Soudeurs, techniciens de maintenance, opérateurs et ingénieurs de production.
  • Fonctions supports (35 %) : Marketing, RH, finance et logistique.

La diversité est aussi un axe majeur de cette campagne. Patrice Caine, PDG du groupe, affiche l’ambition d’atteindre 75 % de comités de direction comprenant au moins quatre femmes d’ici fin 2026. L’insertion des jeunes reste un pilier avec 3 300 stagiaires et apprentis prévus en France pour la seule année 2026, servant de véritable « tremplin vers l’emploi » permanent.

Le revers de la médaille : la grogne des syndicats

Derrière ces chiffres rutilants, tout n’est pas rose chez Thales. L’annonce suscite un accueil glacial du côté de la CGT. Thomas Meynadier, délégué syndical, s’interroge sur la crédibilité de ces chiffres face à la réalité du terrain. À Toulouse, sur le site Champollion, la direction promet 80 créations de postes alors que le syndicat estime qu’il manque entre 600 et 700 équivalents temps plein pour absorber la charge de travail actuelle.

« Est-ce sérieux ? On est encore dans la mise en danger de la santé des salariés avec une charge de travail qui ne correspond pas aux effectifs. »

Ce scepticisme s’appuie sur un passif récent : la justice a donné raison à la CGT il y a quelques mois, assignant la direction de Thales Alenia Space pour mise en danger de la santé des salariés dans un contexte de restructuration. De plus, Céline Boutet, élue CGT, pointe du doigt le fait que les deux tiers des recrutements se feront à l’étranger, dénonçant une stratégie de délocalisation persistante malgré les besoins souverains de la France.

Où seront situés les 3 300 postes en France ?

Si l’Île-de-France rafle la mise avec 1 630 postes, le reste du territoire n’est pas oublié. Thales mise sur des pôles régionaux forts avec des spécialités locales marquées. L’Occitanie attend 250 nouveaux collaborateurs, principalement à Toulouse et Labège, tandis que la Bretagne (290 postes) et la Nouvelle-Aquitaine (280 postes) complètent le podium. Dans le Sud, l’accent sera mis sur la maintenance lourde, notamment pour les grands porte-avions de la Marine nationale.

Thales propose donc un paradoxe : une entreprise hyper-attractive qui bat des records de candidatures, mais qui doit jongler avec un climat social interne électrique et une charge de travail qui frôle la rupture pour les équipes en place. Pour les 9 000 futurs talents, le défi sera autant technologique qu’humain.

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